16 septembre 2026
Il se tramait quelque chose…
Journal de Voltaire – Mercredi 16 septembre 2026
Bonjour bonjour mes chers copains à quatre pattes et leurs humains dévoués !
IL SE TRAMAIT QUELQUE CHOSE…
Hier soir, je ne savais pas encore que Papa m’emmenait passer la soirée à Eymet.
Et moi, vous commencez à me connaître : lorsqu’il se passe quelque chose d’inhabituel dans le Royaume, je dois savoir quoi.
Je suis donc resté au pied de Papa, attentif au moindre indice.
Ça bougeait.
On se préparait.
L’heure avançait.
Mais il manquait quelque chose.
Le sac !
Vous savez, celui que Papa prépare quand nous partons au marché gourmand. Celui qui signifie généralement qu’une soirée intéressante se prépare et que, avec un peu de chance, quelques bonnes choses finiront à hauteur de ma truffe.
Hier soir, pas de sac.
Pourtant, vu l’heure, j’étais certain qu’il se tramait quelque chose.
Puis soudain :
Hop !
Dans mon siège auto.
Broum broum !
Ah !
J’avais donc raison.
Nous voilà partis à travers la campagne du Lot-et-Garonne, toujours aussi desséchée après cet été interminable. Installé dans mon siège, je regardais défiler les routes et les paysages lorsque quelque chose a commencé à me sembler familier.
Attendez…
Cette route, je la connais.
Mais oui !
C’est la route de Madame Picpic !
Pour ceux qui auraient oublié Madame Picpic, c’est ma vétérinaire. Autant vous dire que je connais parfaitement le chemin qui mène chez elle.
Seulement, il y avait un problème.
L’heure.
On ne va quand même pas chez Madame Picpic à cette heure-là ?
J’ai regardé Papa.
— Papa, on va où ?
— Surprise, Voltaire.
Surprise ?
Moi, je n’aime pas beaucoup les surprises quand elles prennent la route de Madame Picpic.
— Je veux savoir !
— Tu verras.
— On ne va pas chez Madame Picpic ?
— Non, on ne va pas chez Madame Picpic.
Ouf !
À partir de là, j’ai pu recommencer à profiter du voyage.
UNE SOIRÉE À EYMET
Et finalement, nous sommes arrivés à Eymet.
J’aime bien cette jolie bastide. Même en septembre, il y a encore beaucoup d’animation, des terrasses occupées et énormément d’Anglais.
Par moments, je me demande d’ailleurs si nous sommes toujours dans le Lot-et-Garonne ou si Papa m’a fait traverser la Manche sans me prévenir.
Nous marchions tranquillement lorsque j’ai aperçu quelqu’un que je connaissais.
Enfin… quelqu’un de très grand.
Très poilu.
Et qui, d’habitude, aboie beaucoup.
Pacha !
Le gros Golden Retriever qui passe actuellement ses vacances dans l’un de nos gîtes était lui aussi à Eymet avec ses parents, installés au pub.
Pacha et moi, nous nous connaissons maintenant. Il vient parfois me voir et moi aussi, je vais de temps en temps lui rendre une petite visite.
Mais je tiens quand même à préciser quelque chose : Pacha est un Golden Retriever.
Moi, je suis un Yorkshire.
Quand il aboie, ça ne produit pas exactement le même effet que lorsque j’aboie.
Alors je l’aime bien, mais je conserve généralement une petite distance diplomatique.
Nous nous sommes donc salués, nous avons échangé quelques nouvelles entre voisins du Royaume, puis chacun a repris sa soirée.
À bientôt, Pacha !
Moi, j’avais apparemment une autre destination.
MA PREMIÈRE SOIRÉE À LA CRÊPERIE
Quelques instants plus tard, Papa s’est installé à la terrasse d’une crêperie.
Une crêperie !
Alors ça, mes amis, c’était une première.
Enfin, la crêperie était une première.
La crêpe, elle, je connaissais déjà.
Je me suis installé très sagement et j’ai observé tout ce qui se passait autour de moi. Les gens allaient et venaient, les conversations se mélangeaient et, évidemment, des odeurs extrêmement intéressantes arrivaient régulièrement jusqu’à ma truffe.
Mais moi ?
Sage comme une image.
Il faut dire qu’avec mon expérience des marchés gourmands, des restaurants et des sorties avec Papa, je commence à connaître les règles.
J’attends.
J’observe.
Et surtout, je surveille l’assiette de Papa.
On ne sait jamais.
Et j’ai eu raison.
Parce qu’un petit morceau de crêpe a fini par arriver jusqu’à moi.
Ma deuxième crêpe !
J’ai goûté avec beaucoup de sérieux.
C’était bon.
Très bon même.
Mais puisque je suis un critique gastronomique parfaitement indépendant, je dois quand même vous donner mon avis.
Je préfère celle de ma Mamie de l’île d’Oléron.
Désolé Monsieur le crêpier.
Une mamie, c’est très difficile à battre.
Nous sommes ensuite rentrés au Royaume après cette jolie soirée et je pensais que les aventures étaient terminées pour quelques heures.
Je me trompais.
PAN ! PAN !
Ce matin…
PAN ! PAN !
Mes amis, j’ai ouvert les oreilles.
Qu’est-ce que c’est que ça ?
Vous vous souvenez du Journal d’hier ?
Papa vous expliquait justement pourquoi il était devenu encore plus vigilant avec moi depuis l’ouverture de la chasse. Il vous parlait des coups de feu, des chiens de chasse, des promenades et même de cette fameuse clochette qu’il envisage de m’accrocher alors que, je tiens à le préciser, je n’ai toujours pas donné mon accord.
Eh bien ce matin, la théorie est devenue réalité.
Et nous n’étions même pas partis nous promener.
PAN ! PAN !
Cette fois, j’ai commencé à aboyer.
— OUAF ! OUAF ! OUAF !
Puis j’ai entendu autre chose.
Des clochettes.
Tiens donc !
Moi, je n’ai toujours pas de clochette, mais quelque part dans mon Royaume, il y en avait qui se promenaient.
Évidemment, il fallait enquêter.
Et quelques instants plus tard, je les ai vus.
Deux Épagneuls bretons.
Avec leurs clochettes.
Et derrière eux…
Un chasseur.
Chez moi ! Sur notre propriété privée !
Alors là, mes amis, le service de sécurité du Royaume est immédiatement entré en action.
Et le service de sécurité, c’est moi.
— OUAF ! OUAF ! OUAF ! OUAF !
J’ai aboyé.
Beaucoup.
Vraiment beaucoup.
Il fallait quand même expliquer à tout ce petit monde qu’ils venaient d’entrer dans le Royaume de Voltaire sans avoir demandé l’autorisation au Petit Roi.
Papa, lui, ne rigolait pas du tout.
Pas content.
Mais alors, pas content du tout.
Et finalement, la scène de ce matin illustrait parfaitement ce qu’il vous expliquait hier.
Papa surveille mes promenades, fait attention lorsque nous allons dans les zones où il peut y avoir du gibier et réfléchit même à m’équiper de cette fameuse clochette…
Mais ce matin, ce sont les chiens de chasse avec leurs clochettes qui sont venus jusqu’à moi !
Franchement, Papa…
Hier, tu me racontes qu’il faut faire attention aux chasseurs.
Et ce matin, j’en trouve un dans mon jardin.
La prochaine fois, pourrais-tu choisir un sujet un peu plus tranquille pour mon Journal ?
Les friandises, par exemple.
Ou les crêpes.
Parce que ça, si ça pouvait arriver dans mon Royaume dès le lendemain matin, je serais beaucoup moins contrarié.
Voilà mes amis, après ma soirée à Eymet, ma rencontre avec Pacha, ma dégustation de crêpe et le réveil plutôt mouvementé de ce matin, je crois que j’ai suffisamment travaillé pour aujourd’hui.
Je vous souhaite à tous une très belle soirée.
Et soyez prudents, mes copains, surtout en cette période.
Moi, je vais continuer à surveiller mon Royaume.
Et concernant la clochette…
Je commence à me demander si Papa ne va pas finir par gagner.
Mais je n’ai encore rien signé !
Léchouilles affectueuses à tous.
Le petit roi Voltaire ![]()
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