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20 septembre 2026

Ile d’Oléron

Journal de Voltaire – Dimanche 20 septembre 2026

Bonsoir bonsoir mes chers copains à quatre pattes et leurs humains dévoués !

TOUT CE BLEU !

Mes amis, je dois vous faire un aveu : j’ai raté le début du voyage. Après une semaine entière de surveillance du royaume et cette chaleur encore bien estivale, la campagne assoiffée défilait derrière la vitre, jaune, jaune, encore jaune… et votre petit roi s’est endormi comme une masse dans son siège auto, la truffe collée à la climatisation.

Et puis, je me réveille. J’ouvre un œil. Puis l’autre. Et là… waouh ! Du bleu. Du bleu partout, à gauche, à droite, en bas, en haut. On aurait dit que quelqu’un avait renversé un pot de peinture géant sur le monde.

— Papa, où suis-je ? C’est quoi, tout ce bleu ?

— Tu ne reconnais pas ?

— Euh… non, pas trop.

— Le pont de l’île d’Oléron, voyons !

Le pont ! L’île ! Mamie ! Trésor ! En une seconde, j’étais parfaitement réveillé, les oreilles au garde-à-vous et la queue en mode hélicoptère.

— On arrive bientôt ?

— Vingt minutes, mon bonhomme.

Vingt minutes. Mes amis, vous savez combien ça fait, vingt minutes, pour un Yorkshire survolté ? Environ trois éternités. J’ai tourné sur mon siège, gémi, soupiré, collé ma truffe à la vitre. Et par la fenêtre entrouverte, l’air avait changé : ça sentait le sel, les algues, le sable chaud et le vent du large. L’océan, mes amis, je le sentais avant même de bien le voir !

LA FUSÉE TRÉSOR

Bip bip, devant la maison de Mamie ! Et là, une fusée a jailli de nulle part. Mon grand frère Trésor ! Dix minutes de bisous non-stop, de tourbillons, de sauts et de reniflages survoltés. On ne savait plus qui léchait qui ni où commençait l’un et finissait l’autre. Une vraie mêlée de rugby version poils longs.

J’en ai même oublié de dire bonjour à Mamie. Oui, je sais, c’est très mal élevé pour un roi. Je me suis rattrapé juste après, avec mon plus beau regard d’excuse et une léchouille bien placée. Mamie m’a pardonné, évidemment. Mamie pardonne toujours, c’est un peu son métier.

UN PINCEMENT ROYAL

Mais je dois vous confier un petit détail qui me chiffonne. Trésor aussi était fou de joie de revoir Papa. À tel point qu’il le colle. Tout le temps. Partout. Papa s’assoit, Trésor est là. Papa se lève, Trésor le suit. Papa respire, Trésor surveille.

Alors oui, mes amis, je l’avoue : je suis un tout petit peu jaloux. Juste un peu. Enfin… beaucoup. Mais c’est mon grand frère, alors je partage. Pour cette fois.

FORT BOYARD EST TOUJOURS LÀ

Après ces retrouvailles animées, grande expédition : direction la mer et Fort Boyard ! Et je vous rassure tout de suite, il est toujours là, hihi. En pleins travaux, avec de grandes grues qui s’agitaient au loin. Je me demande bien s’ils cachent de nouvelles clés, là-dedans.

Et puis la plage, mes amis ! Le sable qui s’enfonce sous les coussinets, le vent qui ébouriffe ma nouvelle coiffure, et surtout ces odeurs, des milliers d’odeurs d’un coup, du varech, des coquillages, des trucs mystérieux rejetés par la marée. Ma truffe ne savait plus où donner de la tête.

MOUETTES ET GARDE RAPPROCHÉE

Évidemment, je n’ai pas pu résister : j’ai foncé sur les mouettes et les goélands ! Ils s’envolaient en criant, je courais, ils se reposaient trois mètres plus loin, je recourais. Un jeu formidable. Enfin, formidable pour moi.

Mais Trésor, en grand frère avisé, m’a pris à part.

— Fais attention, Voltaire. Les goélands, ça peut attaquer.

— Même un roi ?

— Surtout un petit roi.

Bon. Message reçu. Ces bestioles sont presque aussi grosses que moi, et elles ont un bec qui ne rigole pas. Alors j’ai fait ce que tout souverain prudent aurait fait : je suis resté collé à Trésor, qui connaît tous les dangers du lieu. On ne s’est plus quittés d’une papatte de toute la balade. Finalement, ce n’est pas si mal d’avoir un grand frère garde du corps.

Voilà, mes chers amis. Un roi endormi, un pont tout bleu, une fusée nommée Trésor, une Mamie oubliée puis rattrapée, un fort toujours debout et des goélands qui se croient tout permis. Premier jour sur l’île, et déjà des souvenirs plein la truffe.

Bonne soirée à tous les copains, je file me faire câliner par Mamie… avant que Trésor ne prenne toute la place !

Léchouilles iodées,

Le petit Roi Voltaire

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