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5 novembre 2025

Le retour au royaume : home sweet home

Le retour au royaume : home sweet home

Mes très chers copains à moustaches,

Ce matin, réveil à six heures. Les valises étaient prêtes dans l’entrée. Papa et Tonton Michael buvaient leur dernier thé ensemble dans la cuisine.

L’ambiance était… douce-amère. Heureuse mais triste. Comme toutes les fins de voyage.

LES ADIEUX

Tonton Michael a insisté pour nous accompagner jusqu’à l’aéroport. « I’m driving you. Non-negotiable. »

Dans la voiture, il parlait beaucoup. Trop. Comme les gens qui parlent pour ne pas pleurer.

« You’ll come back, won’t you ? Soon ? Maybe in spring ? The garden will be beautiful in spring. And Voltaire, you’ll have to come back. My garden misses you already. I’ll plant some special flowers just for you. Not campanulas, don’t worry. I’ll check with your Papa first to make sure I identify them correctly… »

Papa souriait, ému.

À l’aéroport de Stansted, au moment de nous quitter, Tonton Michael m’a pris dans ses bras une dernière fois.

« Take care of yourself, Your Majesty. Stay away from mean Staffies. Eat your food. Don’t worry your Papa too much. And come back soon. Very soon. »

Il m’a embrassé sur le haut de la tête.

Puis il a serré Papa dans ses bras. Longtemps. Très longtemps.

« Thank you for coming, my dear friend. These days with you… they’ve been precious. »

« Pour moi aussi Michael. On se revoit bientôt. Promis. »

Ils se sont séparés. Tonton Michael est reparti vers le parking. Papa l’a regardé s’éloigner, la main levée en signe d’au revoir.

« C’est mon meilleur ami, » m’a-t-il dit doucement. « Depuis trente ans. On ne se voit pas assez souvent. »

LE VOL RETOUR

Cette fois, Papa n’a PAS donné de comprimé sédatif.

« Tu l’as mal supporté à l’aller. On va essayer sans. Tu es plus habitué aux voyages maintenant. »

Et vous savez quoi ? Ça s’est MIEUX passé.

J’étais dans mon sac sous le siège, certes comprimé, mais je ne marchais pas à l’envers. Mon cerveau fonctionnait normalement. Je regardais Papa par l’ouverture du sac, et ça me rassurait.

Le vol a duré une heure et demie. J’ai dormi un peu. Rêvé de Tonton Michael et ses fausses identifications de plantes. De Wisley et ses jardins parfaits. De Regent’s Park et le Staffie (là, j’ai gémi dans mon sommeil et Papa a glissé sa main dans mon sac pour me rassurer).

L’ARRIVÉE À BERGERAC

L’avion a atterri. Papa m’a sorti de mon sac. « On est rentrés en France, mon petit roi. »

La France. Mon pays. Ma région. Mon royaume, pas très loin.

Dans la voiture, j’ai reconnu le paysage. Les vignobles du Bergeracois. Les collines douces. Les petits villages de pierre blonde. Les champs de tournesol fanés.

Ça sentait… la France. Difficile à expliquer. Mais l’air était différent de Londres. Plus sec. Plus chaud même en novembre. Avec des odeurs de terre agricole, de feuilles de vigne, de fermes.

Plus on s’approchait du royaume, plus mon excitation montait. Ma queue remuait. Mes oreilles étaient dressées. Je reconnaissais TOUT.

Le panneau « Montignac-de-Lauzun ». La petite route qui serpente. Le portail de mon royaume.

ENFIN.

LE ROYAUME RETROUVÉ

Papa a ouvert le portail. La voiture est entrée. Et là…

MON ROYAUME.

Mes cinq hectares. Mes arbres. Ma pelouse. Mes massifs. Ma zone gibier. Mon figuier. Tout était LÀ. Exactement comme je l’avais laissé.

Papa a ouvert ma portière. Je suis sorti.

J’ai couru. COURU comme un fou. Partout. Dans tous les coins. Reniflant chaque mètre carré pour vérifier que rien n’avait changé.

Les liquidambars avaient perdu encore plus de feuilles. Les massifs de sauges avaient été taillés par Papa avant le départ. L’herbe était humide de rosée matinale.

Ça sentait MON royaume. Cette odeur unique mélange de terre, de sauges, de feuilles mortes, d’herbe, de liberté.

J’ai fait ma tournée d’inspection complète. Quinze minutes de course effrénée. Papa me regardait en riant : « Content d’être rentré ? »

OH OUI PAPA. TELLEMENT CONTENT.

LA DIFFÉRENCE

Le soir, installé dans ma panière, je réfléchissais.

Londres, c’était beau. Excitant. Différent. J’ai adoré Tonton Michael. Wisley. Les fish & chips. Même le jardin avec le train au bout.

Mais ici… ici c’est CHEZ MOI.

Ici, je suis LIBRE. Pas de laisse. Pas de voitures. Pas de métro bondé. Pas de Staffies agressifs.

Ici, je suis ROI.

Cinq hectares où je peux courir sans limite. Où je peux chasser les lézards. Où je connais chaque arbre, chaque buisson, chaque odeur.

Londres, c’est pour visiter. Le royaume, c’est pour VIVRE.

Papa m’a caressé : « Tu as raison mon petit roi. There’s no place like home. »

Exactement Papa. Exactement.

LE BILAN

Quatre jours à Londres.

Quatre jours d’aventures. De découvertes. D’émotions.

J’ai appris que le monde est VASTE. Qu’il y a d’autres endroits magnifiques. D’autres jardins. D’autres odeurs. D’autres expériences.

J’ai rencontré Tonton Michael, qui m’aime déjà comme un fou. Qui s’inquiète pour moi. Qui ne sait pas reconnaître une campanule mais qui a un cœur immense.

J’ai vu le plus beau jardin du monde avec Papa. J’ai partagé son bonheur absolu à Wisley.

J’ai aussi eu la peur de ma vie face au Staffie. J’ai appris que le monde peut être dangereux. Que Papa est mon protecteur. Que je peux lui faire confiance absolument.

Voyager, c’est grandir. C’est apprendre. C’est découvrir.

Mais rentrer chez soi, c’est se retrouver. C’est respirer. C’est être SOI-MÊME.

Londres, merci pour ces souvenirs. Tonton Michael, merci pour ton hospitalité et ton amour.

Mais maintenant, je suis exactement là où je dois être.

Dans mon royaume.

Chez moi.

Léchouilles montagnardes et reconnaissantes (mais soulagées d’être à la maison),
Voltaire (10 mois, 3,4 kg de voyageur heureux de retrouver sa liberté)

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