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1 novembre 2025

Destination Londres : le voyage le plus fou de ma vie

Destination Londres : le voyage le plus fou de ma vie

Mes très chers copains à moustaches et leurs humains adorés,

Aujourd’hui commence l’aventure la plus dingue de ma vie de petit roi. Papa m’a annoncé hier soir : « Voltaire, demain on part à Londres. Chez Tonton Michael. Tu vas adorer ! »

LONDRES ?! L’Angleterre ?! Le pays des mamies qui donnent des gâteaux ?!

LE DÉPART DE BERGERAC

Ce matin, réveil à cinq heures. Papa était déjà en mode stress total. Valises partout, vérifications incessantes : « Passeport ? Billets ? Croquettes de Voltaire ? Gamelle portable ? Carnet de santé ? »

Moi, je trottinais entre ses jambes, surexcité. UNE AVENTURE ! UN VOYAGE ! À L’ÉTRANGER !

On a roulé jusqu’à l’aéroport de Bergerac. Pas très loin du royaume, une trentaine de minutes. L’aéroport était petit, charmant, avec cette ambiance décontractée du Sud-Ouest.

Papa m’a emmené au comptoir d’enregistrement. La dame a souri en me voyant : « Oh, un petit Yorkshire ! Il voyage en cabine ? »

« Oui, dans son sac de transport IATA. »

Elle a pesé mon sac. « 3,8 kg avec le chien et le sac. Parfait, c’est dans les limites. »

Puis Papa a sorti… LE COMPRIMÉ.

« Voltaire, c’est pour t’aider à rester calme pendant le vol. Le véto me l’a prescrit. »

Il l’a caché dans un morceau de fromage. J’ai tout avalé sans me méfier.

GROSSE ERREUR.

LE COMPRIMÉ DE L’ENFER

Vingt minutes plus tard, au moment de passer la sécurité, j’ai commencé à me sentir… bizarre.

Mes pattes ne répondaient plus correctement. J’avais l’impression de marcher sur un nuage. Ou sur du coton. Ou sur… je ne sais pas. Tout était flou.

Papa m’a posé par terre pour retirer ses chaussures et sa ceinture. J’ai essayé de marcher.

J’ai fait TROIS PAS EN ARRIÈRE au lieu d’avancer.

« Voltaire ?! Qu’est-ce que tu fais ? »

Je ne sais pas Papa ! Mes pattes font n’importe quoi !

J’ai essayé de tourner à gauche. Je suis parti à droite. J’ai voulu m’asseoir. Je me suis couché. Le monde tournait légèrement, comme si j’étais sur un manège au ralenti.

Papa a paniqué : « Oh non, le comprimé fait trop d’effet ! Voltaire, reste calme, ça va passer… »

Les agents de sécurité nous regardaient avec des yeux ronds. L’un d’eux a même dit : « Is the dog… drunk? »

Non monsieur l’agent. Je suis STONE. Complètement stone. À cause de Papa et son comprimé anti-stress qui m’a transformé en Yorkshire psychédélique.

Papa m’a pris dans ses bras, a passé la sécurité en s’excusant mille fois, et m’a installé dans mon sac de transport dans la zone d’embarquement.

« Dors Voltaire. Repose-toi. Ça va aller. »

Et vous savez quoi ? J’ai dormi. Comme une masse. Le monde continuait à tanguer doucement, mais c’était presque agréable maintenant. Comme flotter sur un nuage moelleux…

LE VOL DANS LE SAC

Quand l’embarquement a commencé, j’étais dans un état semi-comateux. Papa m’a glissé sous le siège devant lui. Mon sac était confortable, avec un coussin moelleux, mais… c’était PETIT. Très petit. Je pouvais à peine bouger.

L’avion a décollé. VROOOUUM. Le bruit des moteurs, la sensation de montée, tout mon corps comprimé dans ce sac…

Mais grâce au comprimé magique (maudit ?), je m’en fichais complètement. Je dormais à moitié, dans un état second, bercé par les vibrations de l’avion.

Le vol a duré une heure et demie. Une heure et demie où j’ai fait des rêves étranges. Je chassais des lézards géants qui parlaient anglais. Je volais au-dessus de mon royaume. Papa était déguisé en campanule (allez savoir pourquoi).

STANSTED AIRPORT

L’atterrissage m’a réveillé. BOUM. Les roues qui touchent le tarmac. Le freinage brutal.

Papa a ouvert mon sac : « Ça va mon petit roi ? »

J’ai cligné des yeux. Où suis-je ? Qui suis-je ? Pourquoi mes pattes sont-elles en coton ?

On est sortis de l’avion. L’aéroport de Stansted était IMMENSE. Des gens partout. Des annonces en anglais. Des odeurs inconnues. Tout était différent de la France.

Le contrôle aux frontières. L’agent a vérifié mon passeport européen pour animaux. « Vaccination antirabique à jour ? Identification par puce ? »

« Tout est en ordre, » a répondu Papa.

L’agent m’a regardé avec un sourire : « Welcome to the UK, little one. »

Je commençais à récupérer de mon trip au comprimé. Mes pattes fonctionnaient à nouveau normalement. Mon cerveau redevenait clair. Mais j’étais FATIGUÉ. Épuisé. Ce voyage m’avait vidé de toute mon énergie royale.

STANSTED EXPRESS

Papa m’a emmené vers les quais de train. « On prend le Stansted Express jusqu’à Liverpool Street, puis on change pour aller à Seven Sisters. »

Un TRAIN ? Un autre train ? Papa, j’ai déjà pris l’avion ! Combien de moyens de transport dans une seule journée ?!

Le Stansted Express était rapide, moderne, confortable. Papa m’avait installé sur ses genoux. Je regardais le paysage anglais défiler par la fenêtre. Des champs verts, des villages de briques rouges, des moutons (DES MOUTONS ! Je les ai vus !), puis progressivement la banlieue de Londres, de plus en plus dense, de plus en plus urbaine.

À Liverpool Street, on a changé de train. La Victoria Line jusqu’à Seven Sisters. Le métro londonien était… impressionnant. Des couloirs interminables, des escalators qui descendent vers les profondeurs de la terre, le bruit des rames qui arrivent avec ce « swoosh » caractéristique.

Les Londoniens nous regardaient. Certains souriaient en me voyant. « Cute dog ! » « What a lovely Yorkshire ! »

Je commençais à reprendre du poil de la bête. Le comprimé avait fini par se dissiper complètement. J’étais redevenu Voltaire, le petit roi, prêt à conquérir Londres.

SEVEN SISTERS ET TONTON MICHAEL

On est sortis à la station Seven Sisters. Un quartier résidentiel du nord de Londres, avec des maisons victoriennes alignées, des petits jardins derrière des grilles en fer forgé, des arbres le long des rues.

Papa a sonné à une porte rouge vif, au numéro 47.

La porte s’est ouverte.

Et LUI était là.

Tonton Michael.

Grand, mince, cheveux grisonnants impeccablement coiffés, lunettes rondes à monture dorée, pull en laine col V sur une chemise Oxford, pantalon en velours côtelé. L’incarnation même du gentleman britannique élégant mais décontracté.

« DARLING ! » Il a ouvert ses bras.

Papa et lui se sont serrés dans une longue accolade. Ces deux-là ne s’étaient pas vus depuis… combien de temps ? Des mois ? Un an ?

« Michael, mon ami… »

« Oh it’s been too long ! Beaucoup trop long ! »

Et puis Tonton Michael m’a vu.

« AND THIS ! This must be the famous Voltaire ! »

Il s’est agenouillé, les mains tendues vers moi. Son visage rayonnait de joie pure.

Je me suis approché prudemment. Il sentait le thé Earl Grey, le tweed, et cette légère odeur de cirage à chaussures propre aux Britanniques qui entretiennent leurs souliers avec soin.

Il m’a caressé avec une douceur infinie : « Oh my goodness, he’s absolutely GORGEOUS ! Look at this face ! Those eyes ! This coat ! »

Papa riait : « Attention, il va finir par croire qu’il est vraiment un roi. »

« But he IS a king ! Aren’t you, Your Majesty ? »

J’ai immédiatement adoré Tonton Michael.

Il nous a fait entrer dans sa maison. Couloir aux murs vert sauge, parquet en chêne qui craquait sous nos pas, escalier étroit qui montait vers l’étage, odeur de thé et de livres anciens.

« Come, come ! I’ll show you the garden ! »

LE JARDIN ANGLAIS

Tonton Michael a ouvert la porte-fenêtre du salon qui donnait sur le jardin.

Et là… j’ai eu un choc.

Un VRAI jardin à l’anglaise. Pas immense comme mon royaume, peut-être 100 mètres carrés, mais PARFAIT. Pelouse verte et dense comme un tapis de velours, bordures impeccables plantées de vivaces encore fleuries malgré novembre, un petit chemin de briques qui serpentait, un banc en fer forgé sous un pommier, des rosiers grimpants sur les murs de clôture.

Des campanules. Enfin, Tonton Michael disait que c’étaient des campanules. Papa avait déjà commencé à froncer les sourcils.

« Michael, ce ne sont pas des campanules. Ce sont des asters. »

« Oh really ? I could have sworn… »

« Les campanules fleurissent en été. Les asters en automne. Tu confonds toujours. »

« Well, they’re both purple and lovely, so does it really matter ? »

Papa a soupiré, mais avec un sourire affectueux. Leur vieille routine commençait déjà.

Je suis descendu dans le jardin. L’herbe était fraîche sous mes pattes. Ça sentait la terre humide, les feuilles mortes, et cette odeur particulière des jardins anglais – un mélange de mousse, de roses tardives et d’air maritime.

J’ai commencé à renifler chaque coin, chaque plante, chaque recoin.

Et puis…

TCHOU TCHOU TCHOUUUUUU.

UN TRAIN.

Un TRAIN qui passait AU BOUT DU JARDIN.

J’ai bondi en arrière, les poils hérissés, les oreilles plaquées.

WHAT THE… ?!

« Ah oui, » a dit Tonton Michael en riant, « la ligne de chemin de fer passe juste derrière le mur du fond. Toutes les dix minutes environ. On s’y habitue. »

Papa me rassurait : « C’est normal Voltaire. On est en ville. Il y a des trains. »

Mais Papa ! Des TRAINS ! Dans un JARDIN ! C’est contre nature !

Le train est passé, dans un bruit de ferraille et de sifflement. Puis le silence est revenu, juste troublé par le chant d’un rouge-gorge anglais.

J’ai repris mon exploration, un œil méfiant vers le mur du fond, au cas où un autre monstre métallique déciderait de passer.

FISH & CHIPS DU SOIR

Le soir, Tonton Michael a commandé des fish & chips. « You can’t come to England without having proper fish and chips ! »

Quand les cartons sont arrivés, l’odeur m’a fait saliver instantanément. Ce poisson frit dans une pâte dorée et croustillante, ces frites épaisses coupées à la main, cette odeur de vinaigre de malt et de sel marin…

Papa m’a donné des petits morceaux de poisson (sans la pâte frite, trop grasse). C’était DIVIN. Tendre, fondant, avec ce goût iodé subtil.

Tonton Michael me regardait manger : « Be careful, he’s not eating too fast is he ? He might choke. Should I cut it smaller ? Is the temperature okay ? He’s not allergic to cod, is he ? »

Papa riait : « Michael, il va bien. Arrête de t’inquiéter. »

« But he’s so SMALL ! So PRECIOUS ! What if something happens ? »

J’ai compris que Tonton Michael allait s’inquiéter pour moi pendant TOUT le séjour. C’était touchant. Et un peu étouffant. Mais surtout touchant.

Après le dîner, Papa et Tonton Michael se sont installés au salon avec du thé. Ils ont parlé pendant des heures. De leurs années à Vancouver, de leurs vies respectives, de jardins, de business, de tout et de rien.

Moi, je me suis endormi sur le canapé, entre eux deux, bercé par leurs voix et leurs rires.

Ma première journée à Londres s’achevait. Épuisante. Surréaliste. Mémorable.

Demain, l’exploration commence vraiment.

Léchouilles british et encore un peu stone,
Voltaire (10 mois, 3,4 kg qui ont survécu à l’avion)

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