19 octobre 2025
Réveil Brutal et Mystère des Valises
Holà ! mes adorables copains à moustaches et leurs humains dévoués !
RÉVEIL BRUTAL ET MYSTÈRE DES VALISES
5h25 au cadran de la cuisine. CINQ HEURES VINGT-CINQ. Même les oiseaux dormaient encore, bande de fainéants à plumes. Moi, Sa Majesté Voltaire, j’avais une faim de loup – enfin, de Yorkshire, ce qui est encore plus dramatique vu ma taille. J’ai fait mes yeux de chien battu version Oscar du cinéma à Papa : « Papa, j’ai FAIM ! »
Résultat ? Vingt-cinq grammes. VINGT-CINQ. J’ai compté chaque croquette comme si c’était des diamants. Quarante sept croquettes et demie, mes amis. On appelle ça un petit-déjeuner de régime, moi j’appelle ça une injustice royale.
Mais Papa ne m’écoutait même pas. Il faisait des trucs bizarres avec des grosses valises, tu sais, ces machins géants qu’on sort jamais d’habitude. Mon petit cœur s’est mis à battre très fort. « Tu fais quoi, Papa ? » J’ai demandé avec ma voix la plus inquiète, celle qui fait craquer même les statues.
Papa m’a expliqué qu’il avait besoin de vacances, de « voir de la vraie vie ». Bah, j’ai pas compris, moi. « Ah bon Papa, mais ici c’est super dans mon royaume ! » J’ADORE mon royaume, avec ses cinq hectares de liberté, mes lézards qui m’attendent, mon arbre à écureuil, la zone gibier… C’est pas ça, la vraie vie ?
DÉPART DANS LA NUIT NOIRE
J’ai à peine eu le temps de finir mes ridicules quarante sept croquettes et demie, en les mâchant très lentement pour faire durer le plaisir ; et HOP, Papa m’a installé dans mon siège auto. Il faisait NUIT NOIRE, copains. Le genre de noir qui fait peur, où on voit plus rien sauf des ombres qui bougent bizarrement.
Mon petit cœur battait la chamade. C’est quoi ce truc ? Où on va ? J’ai collé ma truffe contre la vitre froide et j’ai regardé mon royaume défiler dans l’obscurité. J’ai vu l’arbre de mon amie l’écureuil, celui où on joue à cache-cache le matin, qui disparaissait lentement. Les ombres des bambous de la bambouseraie (qui me fait peur même en plein jour) ondulaient comme des fantômes.
Et puis, la voiture a pris la route qui descend, celle qu’on emprunte JAMAIS, l’opposé du chemin du pub ! Là, j’ai vraiment paniqué intérieurement. On va où, Papa ? Dis-moi !
Le ronronnement du moteur, le bercement régulier de la route, l’odeur familière de Papa tout près… Je me suis laissé aller. Mes paupières sont devenues lourdes, lourdes… et je me suis endormi comme un petit prince épuisé par ses émotions.
RÉVEIL BRUTAL ET MYSTÈRE DES VALISES
Au lever du jour, j’ai entrouvert un œil, puis l’autre. Les premières lueurs roses et orangées perçaient à travers les vitres. J’ai jeté un coup d’œil rapide dehors et… QUOI ?!
Je ne reconnaissais RIEN. Plus mon royaume. Plus mes champs. Plus mes repères. Juste des routes, des panneaux bizarres avec des mots que je savais pas lire, et des paysages qui changeaient à toute vitesse. Mon petit cœur s’est remis à tambouriner. Combien de temps j’allais rester dans ce siège auto ? J’avais les pattes toutes engourdies et envie de faire pipi, mais Papa continuait de rouler, concentré comme un pilote de Formule 1.
SAN SEBASTIÁN : LE CHOC TOTAL
Et puis, d’un coup, BOOM. L’explosion sensorielle totale, copains.
On est arrivés au Pays basque espagnol, dans un endroit que Papa appelait « San Sebastián ». Une grande station balnéaire, qu’il disait. Moi, j’appellerais plutôt ça : LA FIN DU MONDE TEL QUE JE LE CONNAISSAIS.
D’abord, les ODEURS. Oh mes amis à truffes sensibles, quelle claque ! Fini les doux parfums de rosée sur l’herbe, de terre retournée et de lézards qui se chauffent au soleil. Là, c’était un festival : l’iode de la mer (une odeur salée, puissante, qui prenait toute la place dans ma truffe), le pain chaud qui sortait des boulangeries, les churros frits dans l’huile, les poissons sur les étals du marché (ça sentait TROP bon, j’en bavais presque), les gaz d’échappement, les parfums des gens qui passaient…
Et les BRUITS ! Mon royaume, c’est le silence troublé par le chant des oiseaux et le bruissement des feuilles. Là ? Un vacarme permanent : les voitures qui klaxonnent sans arrêt (pourquoi ils crient comme ça avec leurs machins ?), les gens qui parlent FORT en espagnol (une langue qui roule dans la bouche, très rythmée), les mouettes qui gueulent au-dessus de nos têtes comme des folles, les vagues qui claquent sur le sable avec un bruit sourd et régulier, les terrasses de café pleines de monde qui rient et trinquent…
Papa m’a sorti de mon siège auto et mes pattes ont touché le trottoir chaud. J’étais sonné, les copains. Complètement déboussolé. Des humains PARTOUT. Des chiens en laisse PARTOUT. Des pigeons qui s’envolaient dans tous les sens. Des vélos qui passaient à toute vitesse. C’était la VILLE, la vraie, la grande, celle où on peut pas courir libre comme le vent.
LE DÉFILÉ CANIN : OÙ SONT MES COPAINS YORKSHIRES ?!
Et là, mes amis, préparez-vous au CHOC ! Pendant qu’on marchait dans les rues de San Sebastián, j’ai commencé à croiser d’autres chiens. Beaucoup d’autres chiens. Genre, ÉNORMÉMENT de chiens.
Et devinez quoi ? Des BICHONS MALTAIS partout ! Des beaux, des TRÈS beaux, avec leurs poils blancs tout soyeux qui brillaient au soleil comme de la soie. Des grands, des moyens, des MINI version poche qui tenaient dans le sac de leur humain. J’en ai jamais vu autant de ma vie ! C’était comme une convention de boules de coton sur pattes. Franchement, ils étaient magnifiques, je dois l’avouer.
Et puis des CHIHUAHUAS ! Oh là là, la folie totale avec ces petits nerveux. Ils étaient PARTOUT, copains. Dans des sacs à main de luxe, avec des petits manteaux ridicules (bon OK, certains étaient stylés quand même), des colliers avec des strass… Apparemment c’est LA grande mode ici. Chihuahua par-ci, chihuahua par-là. Certains aboyaient comme des fous (compensent leur taille, je suppose), d’autres se prenaient pour des top models.
J’ai croisé aussi quelques Caniches, des Cockers, un ou deux Teckels, même un énorme Terre-Neuve qui ressemblait à un ours…
Mais des YORKSHIRES ? Mes copains de race, ma famille, mes frères et sœurs de poil doré ? QUE DALLE. ZÉRO. NADA. RIEN DU TOUT.
Seulement un. UN SEUL Yorkshire en deux heures de balade ! Un vieux monsieur en laisse écossaise qui m’a à peine regardé tellement il était concentré sur son pipi contre un lampadaire.
J’étais déçu, mes amis. Vraiment déçu. Je dois vous l’avouer, mon petit cœur s’est un peu serré. Moi qui pensais qu’on était partout, qu’on était populaires, qu’on était LES chiens préférés du monde entier… Bah apparemment, pas au Pays basque espagnol.
J’ai levé ma truffe vers Papa avec mes yeux de chien incompris : « Papa, pourquoi y’a personne de ma race ici ? On est passés de mode ? »
Papa s’est arrêté, s’est accroupi à ma hauteur (j’adore quand il fait ça), et m’a gratté derrière les oreilles avec tendresse. « Voltaire, mon petit roi, vous n’êtes pas passés de mode. Les Yorkshires, vous êtes les plus intelligents, les plus gentils et les plus fidèles. Mais tu sais, chaque pays a ses préférences. Ici, ils aiment les Bichons et les Chihuahuas. En France et en Angleterre, les Yorkshires sont adorés. C’est juste une question de goûts. »
« Mais Papa, on est QUAND MÊME les meilleurs, hein ? »
« Les meilleurs, Voltaire. Les meilleurs. »
Bon, ça m’a un peu rassuré. Mais quand même, voir tous ces Bichons se pavaner avec leur fourrure de prince alors que moi, petit Yorkshire royal, j’étais presque le seul représentant de ma noble lignée… ça fait bizarre, vous savez ?
En tout cas, j’ai quand même fait honneur à ma race : tête haute, queue en panache, démarche assurée. Même si on était en minorité, on allait pas se laisser impressionner par ces boules de coton sur pattes !
MA PREMIÈRE PLAGE – LA RÉVÉLATION
Après cette découverte sociologique canine un peu déprimante, Papa m’a emmené vers un truc bizarre : une immense étendue dorée qui brillait au soleil, bordée par de l’eau qui bougeait toute seule et faisait des vagues. LA PLAGE, copains ! LA MER !
J’ai d’abord hésité. Mes petites pattes de Yorkshire ont touché le sable pour la première fois de ma vie. C’était doux, chaud, ça s’enfonçait sous mes coussinets… bizarre mais pas désagréable. J’ai fait quelques pas prudents, reniflant chaque centimètre. L’odeur de la mer était partout, mélangée à celle des algues, du sel, du sable mouillé.
Et puis, j’ai vu une VAGUE arriver. Panique totale. C’est quoi ce truc qui bouge ? J’ai reculé d’un bond, mais Papa riait. Il m’a encouragé à approcher. Bon, OK, j’y vais… La vague a touché mes pattes, de l’eau FROIDE, salée ! J’ai fait un saut en arrière comme un petit cabri. Hihi, c’était marrant quand même !
On a fait une GRANDE balade sur la plage. Papa marchait pieds nus (il fait des trucs bizarres parfois), et moi je courais dans tous les sens, découvrant les coquillages, chassant les mouettes (qui s’envolaient méchamment quand j’approchais), creusant le sable avec mes pattes (hyper satisfaisant pour limer les griffes !).
L’air marin me piquait un peu la truffe, le vent ébouriffait ma belle fourrure dorée, et le soleil tapait fort. J’avais chaud, j’étais fatigué, mais j’étais aussi… heureux ? Oui, heureux d’une manière différente. Une découverte, vous comprenez ?
L’HÔTEL LONDRES – VUE SUR MER
Après cette balade mémorable, Papa m’a emmené dans un grand bâtiment qu’il appelait « hôtel ». L’Hôtel Londres, très chic apparemment. On a monté dans un ascenseur (encore un truc qui m’a fait bizarre au ventre) et Papa a ouvert la porte d’une chambre.
Et là, copains… VUE SUR MER.
Je suis monté sur le lit (interdiction levée pour les vacances, YES !), j’ai posé mes pattes avant sur le rebord de la fenêtre, et j’ai regardé. L’océan à perte de vue, les vagues qui dansaient, les bateaux blancs qui glissaient au loin, le ciel bleu immense…
C’était beau. Vraiment beau. Différent de mon royaume, mais beau quand même.
Je me suis allongé sur le lit moelleux, ma tête sur un oreiller (un VRAI oreiller d’humain !), et j’ai poussé un long soupir de satisfaction. Papa s’est allongé à côté de moi et m’a gratté derrière les oreilles. « Tu vois, Voltaire, il y a plein de vraies vies différentes. »
Bah oui, Papa. J’ai compris.
Mon royaume me manque déjà un petit peu, avec mes repères, mes odeurs familières, mon arbre à écureuil, et surtout Peps qui est aussi un Terrier (au moins lui, il a du caractère, pas comme ces Chihuahuas de poche). Mais cette aventure commence bien. Papa avait peut-être raison : il y a d’autres vraies vies à découvrir. Et moi, Voltaire, petit roi courageux et SEUL représentant digne de ma race dans cette ville de Bichons, je suis prêt à explorer ce nouveau monde… avec mes 25 grammes de croquettes dans le ventre (grrrr).
Leçon du jour : Parfois, quitter sa zone de confort (même quand c’est un royaume de 5 hectares), ça fait peur au début, mais ça peut aussi réserver de belles surprises. Genre découvrir que l’eau bouge toute seule et qu’elle est salée. Ou que les Yorkshires ne sont pas aussi populaires partout qu’on le pense. Mais ça va, on reste les meilleurs quand même. Papa l’a dit.
Sur ce, mes chers amis (surtout mes copains Yorkshires qui me manquent déjà), je vais aller me reposer après cette journée marathonienne riche en découvertes et en questionnements existentiels.
Léchouilles aventurières et solidaires,
Le petit Roi Voltaire
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