25 août 2026
BING BING DANS LA CHEMINÉE !
Bonsoir bonsoir mes chers copains à quatre pattes et leurs humains dévoués !
BING BING DANS LA CHEMINÉE !
Hier soir, mes amis, alors que tout était calme au royaume, soudain : bing ! bing ! Un bruit suspect, un vacarme venu de nulle part. Aussitôt, votre petit roi a bondi, les oreilles en alerte et l’aboiement prêt à dégainer.
Une odeur de cendre froide et de bois brûlé flottait encore autour de l’insert, et derrière la vitre noire, quelque chose grattait dans la suie.
— Ouaf ! Ouaf ! Papa, que se passe-t-il dans la cheminée ? Un méga bruit suspect ! Regarde, ça bouge !
— Attends, mon bonhomme, laisse-moi voir…
— Une souris, peut-être ? Non… ça n’a pas l’air d’une souris. C’est quoi ? Je veux voir ! Je veux voir de près, moi !
— Non, Voltaire, tu ne vas quand même pas grimper dans l’insert ! Tu vas être tout sale !
Mais un roi doit inspecter son royaume, et cette intrusion me concernait au plus haut point. Après quelques négociations, Papa a fini par identifier le mystérieux visiteur.
— C’est un lérot !
— Un quoi ?
— Un lérot.
— Explique, Papa, je n’ai jamais vu ça de ma vie !
QUI EST CE PETIT MASQUÉ ?
Papa m’a donc présenté ce curieux personnage : un petit rongeur avec un joli masque noir autour des yeux, comme un minuscule bandit de grand chemin, la queue en pinceau et l’air aussi surpris que nous de se retrouver là. Un lérot, mes amis ! Une bestiole de la nuit, tombée par mégarde dans notre cheminée.
— Bon, on va le laisser là tranquille, lui donner une tomate, et demain on le remettra dans le jardin, a décidé Papa.
Une tomate ! Voilà que même les intrus ont droit au room service dans mon royaume.
Moi, évidemment, j’ai tenu à monter la garde. Un roi ne dort pas tant qu’un inconnu séjourne sous son toit. J’ai donc surveillé, l’œil vif, pendant que le salon retrouvait peu à peu son calme.
Puis, au bout d’un moment, j’ai entendu de nouveau un petit grattement dans l’insert.
Le petit masqué s’était approché de sa tomate.
Et figurez-vous qu’il l’a effectivement grignotée, ni vu ni connu.
— Papa ! Le lérot mange la tomate !
— C’est très bien, Voltaire.
Très bien, très bien… moi, je surveillais quand même.
Une fois mon devoir accompli, je suis finalement allé faire un gros dodo bien mérité, parce que la vigilance, ça fatigue.
L’OPÉRATION DE LIBÉRATION
Ce matin, dès le réveil, j’ai repris mon poste de surveillance.
Et là, grand moment : Papa a sorti le lérot avec de gros gants !
Il paraît que ça mord, ces petites choses.
Non mais, mordre Papa ? Il ne manquerait plus que ça !
J’ai donc escorté l’opération de très près, prêt à défendre Papa au besoin.
Nous sommes sortis dans l’air frais du matin. Le jardin sentait encore la terre humide après les dernières averses, et quelques gouttes étaient restées accrochées aux feuilles.
Papa a délicatement déposé le petit masqué dans le mûrier-platane.
Moi, juste en dessous, j’ai supervisé toute la manœuvre avec le plus grand sérieux.
Le lérot s’est agrippé à l’écorce, a hésité quelques secondes, puis il s’est mis à grimper.
Un peu plus haut.
Encore un peu.
Les feuilles du mûrier-platane ont frissonné au-dessus de ma tête.
Et puis…
Plus rien.
Envolé, le bandit !
Rendu à sa liberté et à ses aventures nocturnes.
Je suis tout de même resté quelques instants au pied de l’arbre, la truffe en l’air, au cas où il aurait décidé de redescendre.
On n’est jamais trop prudent.
ET LA VIE REPREND
Du coup, ma mission accomplie, j’ai filé retrouver mes copains Léo et Luna.
Eh oui, Léo le cocker et moi, on a fini par faire la paix, et avec Luna, nous avions visiblement quelques affaires importantes à régler entre nous.
On s’est tout raconté, on a papoté à la manière des chiens, reniflé quelques nouvelles odeurs et échangé les dernières informations du royaume.
Puis, une fois les dossiers du jour réglés, je suis rentré tranquillou à la maison pour refaire une petite sieste sur mon trône.
Voilà, mes chers amis. Un lérot masqué dans la cheminée, une tomate offerte à l’intrus, une opération de libération dans le mûrier-platane et quelques retrouvailles entre copains.
Une journée de roi bien remplie, comme je les aime.
Bonne soirée à tous les copains, et méfiez-vous des petits bruits dans la cheminée…
Léchouilles curieuses,
Le petit roi Voltaire