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18 juillet 2026

UN MATIN PRESQUE POLAIRE

UN MATIN PRESQUE POLAIRE

Ce matin, mes amis, tout avait merveilleusement bien commencé. Dix-neuf degrés ! Un froid glacial, presque digne de la banquise, le genre de température qui transforme un petit roi ramolli par la canicule en explorateur infatigable. Le temps parfait pour gambader dans la zone gibier et faire ma ronde dans le jardin.

Il faut vous dire que, le samedi matin, lorsque Papa travaille à son bureau, je suis en autonomie totale. Libre. Souverain absolu de mon royaume. Bon, je vais quand même vérifier souvent qu’il est toujours là, hein. Bah oui, imaginez qu’il soit parti sans moi ! Un roi sans son fidèle chauffeur, ce serait une catastrophe diplomatique.

OÙ SONT PASSÉS LES FAISANS ?

Faute de lièvre ou de tout autre gibier à me mettre sous la truffe, je me suis posé une grande question existentielle : où sont donc passés les faisans ? Cela fait un bail que je ne les ai ni vus ni entendus. La faute aux chasseurs ? Aux renards ? Je n’en sais rien, mais leur absence intrigue profondément Sa Majesté.

Faute de véritable gibier, j’ai donc rabattu mon instinct de grand prédateur sur une proie plus accessible. Et hop ! Je l’ai saisie sans rencontrer la moindre résistance : l’espadrille de la maman de Holly, du gîte Prunier.

Bah oui, il s’appelle Prunier parce qu’il se trouve juste à côté du gros prunier. Tout est parfaitement logique dans mon royaume !

Discretos, je suis rentré à la maison avec mon trophée et je l’ai copieusement malmené. Papa m’a surpris en plein crime, alors je me suis fait un peu gronder… mais il souriait en même temps. J’estime donc que l’affaire est classée.

LA VILAINE BÊTE QUI FAIT BZZZ

Ensuite, j’ai vu Papa s’affairer et attraper son sac de marché : direction Lauzun et le café anglais, pour retrouver mes amis et mes copains à quatre pattes ! Le bonheur.

Sauf qu’après quelques minutes de route…

Aïe, aïe, aïe !

Je me suis mis à pleurer.

— Papa, j’ai mal !

— Que se passe-t-il, mon bonhomme ?

— Une vilaine bête qui fait bzzz m’a piqué la patte droite ! Une guêpe, sûrement, l’une de ces bestioles jaunes et noires qui ne respectent rien, pas même un roi !

— Non !!!

Papa a vacillé, la voiture a fait un écart, puis elle s’est arrêtée pile à la limite du fossé. Ouf ! Nous avons sauvé la voiture, l’honneur et la couronne d’un même coup de frein.

Papa a ensuite réglé son compte à la vilaine guêpe d’un coup sec et bien mérité. Justice royale rendue !

— Fais-moi voir, Voltaire.

— Non, j’ai mal !

— Si, fais voir. On retourne à la maison !

— J’ai mal, Papa, je souffre !

— Tu n’exagères pas un peu ?

— Non, je te le promets !

LE BAIN DE PIED ROYAL

Une fois arrivés à la maison, Papa m’a ausculté avec le plus grand sérieux, exactement comme Madame Picpic, la vétérinaire. Et hop : il a plongé ma patte dans un verre d’eau froide.

— Papa, mais j’ai l’air de quoi ? Un bain de pied ? Et un seul, en plus !

— C’est pour te soulager, mon bonhomme.

Bon. J’ai boité un bon moment, une grosse heure au bas mot, en soignant particulièrement mon air de martyr.

J’ai même eu droit à un massage à la glace vanille-pistache. En voyant l’emballage, j’étais tout content, persuadé qu’on me servait enfin un véritable dessert… mais non ! C’était uniquement destiné à soulager ma douleur.

Quelle cruelle désillusion pour un roi affamé de gourmandises !

Une fois tout rentré dans l’ordre et la patte royale déclarée hors de danger, nous avons enfin repris la route du marché.

La bête qui fait bzzz aura eu ma patte, mais pas ma journée.

Bon week-end à tous les copains, et méfiez-vous des vilaines bêtes bourdonnantes…

Léchouilles piquantes,

Le petit Roi Voltaire