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5 juillet 2026

QUELLE CHALEUR, MES AMIS !

Bonsoir bonsoir mes chers copains à quatre pattes et leurs humains dévoués !

QUELLE CHALEUR, MES AMIS !

Ça va, les copains ? Moi, j’ai chaud. Terriblement chaud. Je croyais pourtant que c’était fini, ces grosses chaleurs, mais eh bien non ! Les voilà qui reviennent pour la troisième fois. Mai, juin, juillet… et je ne vous parle même pas d’août et de septembre, qui attendent leur tour.

Je me demande bien comment je vais résister, moi, petit roi à la fourrure longue et soyeuse.

J’ai pensé à prendre un avion pour filer aux îles Féroé, là où il fait bien frais. Mais bah non, on n’a pas les sous. Nous voilà coincés à la campagne, sur notre jolie colline qui cuit au soleil.

Mon beau royaume commence à se faner, et sous mes coussinets, ça croustille. Crac crac, font les herbes sèches quand je trottine. C’est trop injuste, comme disait Calimero !

Bon, entre nous, c’est Papa qui me souffle cette phrase, parce que moi, je suis bien trop petit et bien trop jeune pour connaître Calimero. Mais je la trouve parfaite pour un petit roi qui souffre de la canicule. Hihi.

LA GRÈVE DE LA FAIM, ENFIN… PRESQUE

Il faut que je vous confie quelque chose. En ce moment, je fais un peu la grève de la faim. Enfin, pas vraiment. Disons plutôt que je vis en décalé.

J’ai décidé de ne rien manger à treize heures. Non, rien. Je boude. Je me cache dans une chambre, puis dans une autre, puis sous une table basse. Même l’odeur alléchante d’un fromage que j’adore parfois ne me fait ni chaud ni froid.

Je tourne la tête, l’air digne. Oui, c’est comme ça, et personne ne me fera changer d’avis.

Et puis je vais faire une petite sieste avec Papa. Et là, comme par magie, à quinze heures, hop, j’ai faim et je dévore tout !

Vous voyez, je n’aime pas la routine. C’est différent, voilà tout. Un roi mange quand bon lui semble.

UNE AGITATION SUSPECTE DANS LA CUISINE

Mais revenons à hier soir, car il s’en est passé, des choses !

À dix-huit heures quarante-cinq, j’ai senti une drôle d’agitation dans la cuisine. Je suis allé voir, par pure curiosité, puisque justement je n’avais pas faim.

Et là, quel spectacle ! Des sacs, des couverts, des verres, des bouteilles… et ma gamelle ! Hop, tout empaqueté !

J’ai tout de suite senti qu’il se passait un truc pas normal. Pourquoi ma gamelle partait-elle en voyage, et pas mes jouets, ni mon coussin ?

J’ai imaginé mille choses, toutes plus inquiétantes les unes que les autres. Puis, hop, direction le siège auto, fenêtres bien fermées comme toujours.

Autour de Clapiéra, les champs moissonnés et grillés défilaient, tout dorés de soleil. Et puis, merveille, un joli champ de tournesols avec leurs méga fleurs jaunes. J’adore !

Mais déjà, on s’arrêtait. Tiens, mais c’est la Maison de Fort, chez mon copain Peps !

GERTRUDE, LA DEMOISELLE DE PINNER BOTTOM

J’espérais que Peps serait sympa. Depuis qu’il m’a sauté dessus, je me méfie un peu. Salutations distantes, donc, entre gentlemen prudents.

Il y avait plein de monde, et je connais tout ce petit monde.

— Hello, Voltaire ! My little king !

Et là, sortie de nulle part, une demoiselle teckel que je ne connaissais pas. Gertrude !

Pas courant, ce prénom. Papa m’a dit qu’il connaissait surtout une célèbre Gertrude : Gertrude Jekyll, grande dame des jardins anglais.

Mais moi, ma Gertrude à moi, elle avait quatre pattes, de longues oreilles et venait d’un village au nom très sérieux : Pinner Bottom, dans le Middlesex. Un nom qui a beaucoup fait rire Papa, parce qu’en anglais comme en français, certains villages semblent avoir été baptisés un soir de grande fatigue.

Elle était trop mignonne, et pile ma taille ! On a sympathisé tout de suite. Je l’ai inspectée avec sérieux, puis je lui ai fait un bisou, évidemment. Un roi sait accueillir ses invitées.

Et hop, tout le monde dans le mini-van ! Moi, bien installé sur les genoux de Papa, et Peps relégué tout au fond.

Les paysages vallonnés défilaient, direction Monteton. Bah oui, quel drôle de nom ! Presque aussi rigolo que Montcuq. Papa a ri quand je le lui ai fait remarquer.

LE MARCHÉ GOURMAND DE MONTETON

Nous voilà arrivés dans ce joli village perché pour le fameux marché gourmand, le tout premier de la saison !

Et quelle vue, mes amis ! De là-haut, on domine toute la campagne. Les collines s’étirent à perte de truffe, cousues de champs dorés et de bosquets sombres, et au loin, la vallée se perdait dans une brume de chaleur toute douce.

Le soleil descendait lentement, badigeonnant les vieilles pierres du village d’une lumière couleur de miel. Et surtout, bonheur suprême, un petit air frais montait enfin de la vallée et venait caresser mes oreilles. Après ma colline qui cuit, c’était le paradis d’un petit roi.

Toute une aventure. Ce fut d’abord la course pour dénicher une grande table pour tout le groupe. Puis on a déballé les affaires : nappes, couverts, verres, assiettes. Un vrai campement royal.

Et là, chacun est parti choisir ce qu’il voulait manger à un stand différent. De la viande, des moules frites, de l’asiatique, de l’antillais, du local, des glaces, des tartes… enfin, de tout !

Moi, j’ai tiré Papa vers le stand de viande, là où ça sentait divinement bon. Mon petit nez frétillait.

— Toi, je te connais, mon bonhomme, a dit Papa en se penchant vers moi. Tu veux quoi, exactement ?

Je l’ai regardé avec mes yeux les plus ronds, les plus suppliants, ceux qui font toujours craquer les humains.

— Un steak haché, c’est ça ? a-t-il soupiré en souriant. Toujours le même petit gourmand.

Bah oui, Papa ! Un roi sait ce qu’il aime. Et hop, une petite bouchée rien que pour moi, tiède et fondante. Hihi. C’était absolument délicieux.

Mais surtout, j’ai passé beaucoup de temps avec Gertrude. J’espère tellement la revoir dans la semaine. Papa m’a dit qu’elle devait venir à la maison.

Vous imaginez ? Ma jolie demoiselle de Pinner Bottom, ici, dans mon royaume…

Il y a des soirées d’été où la chaleur se fait oublier. Où les champs grillés et les coussinets qui croustillent n’ont plus aucune importance.

Il suffit d’un marché perché, d’un steak haché et d’une petite teckel aux yeux doux pour qu’un petit roi retrouve le sourire.

Je vous souhaite une douce soirée, pleine de fraîcheur et de jolies rencontres…

Léchouilles ensoleillées,

Le petit Roi Voltaire