17 juin 2026
LA CANICULE, LES COPAINS ET LES GROS ENGINS
LA CANICULE, LES COPAINS ET LES GROS ENGINS
Bonsoir, bonsoir mes chers copains et leurs humains dévoués !
NON MAIS LÀ, C’EST TROP !
Ce matin, j’ai ouvert un œil, puis l’autre… et j’ai tout de suite compris que la journée allait être compliquée. Dès sept heures, la terrasse était déjà chaude. Pas tiède, non. Chaude. En plein matin !
L’ESCAPADE DISCRÈTE CHEZ AZUR
Et puis, puisque Papa était très occupé avec son tuyau d’arrosage, son meilleur ami du mois de juin apparemment, j’en ai profité pour prendre les choses en patte.
Discrètement. Très discrètement.
Je me suis esquivé pour aller rendre visite à Azur et à ses parents dans leur gîte. Bon, officiellement, je n’ai pas vraiment le droit. Mais enfin, je suis chez moi ici, je connais tous les raccourcis du royaume, et un roi doit parfois inspecter ses dépendances. C’est une question de responsabilité.
Évidemment, j’ai été accueilli comme il se doit. Les parents d’Azur sont adorables et m’ont reçu comme un véritable petit souverain. Pendant ce temps-là, Papa arrosait les sauges, les massifs, les pots… Papa et son tuyau, c’est vraiment une grande histoire d’amour estivale.
Et puis soudain, j’ai entendu mon prénom résonner depuis le jardin :
— Voltaire !
Ce ton-là, je le connais. Je sais exactement ce qu’il signifie.
Alors j’ai rappliqué dare-dare, l’air de rien, comme si je n’avais absolument rien fait de suspect.
UNE INJUSTICE ROYALE
Dès que la matinée a avancé, 36 degrés sur la terrasse, et là, c’était terminé. Consignés. Azur dans son gîte, moi dans la maison. Une injustice royale, ni plus ni moins.
— Papa, ça va durer longtemps encore ?
— Je ne sais pas, Voltaire.
— Fais quelque chose, s’il te plaît !
— Je voudrais bien, mais tu sais… le pire n’est pas encore là.
— ENCORE PLUS CHAUD ?!
— Bah oui, comme l’année dernière, tu ne t’en souviens plus ?
L’année dernière. Non, effectivement, je ne m’en souviens pas. J’étais encore un bébé à l’époque. Ce que Papa s’est empressé de me rappeler avec un sourire que je n’ai pas du tout apprécié.
— Tu n’étais qu’un gros bébé !
Gros bébé ! Moi ! J’ai failli m’étrangler d’indignation. Papa, le soleil t’est tombé sur la tête ce matin, tu dérailles complètement. J’ai la ligne, moi, monsieur. Enfin, presque. C’est du muscle, hihi.
LES GROS ENGINS DE LAUZUN
Plus tard dans la matinée, siège auto, broom broom, et direction Lauzun ! Par la vitre, les jolis champs de blé qui bordent la route sont déjà coupés. Papa m’a expliqué que la récolte a trois semaines d’avance cette année, à cause de la chaleur justement. Les épis étaient là il y a encore peu, dorés et frémissants dans le vent chaud, et maintenant les chaumes rasés s’étendent à perte de vue sous le ciel blanc.
Et puis, au détour d’un virage, la circulation s’est mise au pas. Je me suis agité dans mon siège auto pour essayer de comprendre ce qui se passait. Un truc énorme avançait devant nous. Mais alors énorme. Une machine agricole colossale qui occupait toute la route, avançant à son rythme tranquille, indifférente aux voitures coincées derrière elle.
— C’est quoi, Papa ?
— Une moissonneuse-batteuse, Voltaire.
— Une quoi ?
Papa a essayé d’expliquer. J’ai fait semblant de comprendre.
Après ce détour chaotique, nous avons longé les hautes façades de Lauzun, à l’ombre. Ah, l’ombre des vieilles pierres, un vrai bonheur pour les coussinets ! Le temps d’inspecter quelques messages olfactifs laissés par les habitants du coin, et puis retour au royaume.
BETTY ET SON BISOU SURPRISE
En rentrant, j’ai trouvé Betty sur le départ. Elle avait passé toute la semaine à nous ignorer ou à grogner, Betty la ronchonne. Un regard de côté pour moi, un grognement pour Azur qui avait eu le culot de s’approcher trop près. La star britannique dans toute sa splendeur.
Mais alors que je ne m’y attendais pas du tout, elle s’est approchée et m’a fait un bisou. Un vrai. Discret, élégant, à sa façon, mais un bisou quand même. Je suis resté une seconde sans voix, ce qui, pour moi, est assez exceptionnel.
Les Britanniques, franchement, c’est difficile à comprendre. Froids, distants, puis tendres sans prévenir. Betty, tu seras toujours un mystère pour moi.
Bonne soirée au frais, mes chers copains et leurs parents dévoués. Moi, je file rejoindre Azur pour la promenade du soir !
Léchouilles caniculaires,
Le petit Roi Voltaire
Coucou mes copains à quatre pattes et leurs humains dévoués,
Quelle chaleur dans le royaume ! Franchement, dehors, c’est presque impossible de mettre une truffe au soleil. Alors je reste bien au frais dans la maison en attendant des températures plus royales.
Heureusement, chaque matin, je retrouve mon super copain Azur pour jouer. Ce matin, Azur a trouvé les tiges des bâtons de Jacob, aussi appelés tisons de Satan. Enfin, pour être précis, il s’agit d’un Kniphofia uvaria. C’était une découverte très intéressante, même si, entre nous, je trouve toujours qu’une balle reste un sujet d’étude passionnant ! C’est le meilleur moment de la journée ! D’ailleurs, en ce moment même, je surveille papa du coin de l’œil. Au moindre mouvement vers la porte, je suis prêt à bondir comme une fusée SpaceX pour aller rejoindre mon copain.
Aujourd’hui, il ne fait « que » 34 degrés. Oui, je sais, dit comme ça, ça paraît complètement fou ! Alors en attendant que la chaleur baisse un peu, je monte la garde près de la porte. Dès que le thermomètre approchera des 30 degrés, opération discrète : mission rejoindre Azur !
Je vous souhaite une très bonne soirée, mes copains, ainsi qu’à vos parents dévoués.
Léchouilles rafraîchissantes,
Le petit roi Voltaire