Le Journal de Voltaire Soutenir le royaume
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16 août 2026

UN ORAGE DANS LA NUIT

Bonjour bonjour mes chers copains à quatre pattes et leurs humains dévoués !

UN ORAGE DANS LA NUIT

Mes amis, tenez-vous bien : il s’est enfin passé quelque chose !

Hier soir, vers vingt-deux heures, il faisait encore une chaleur à faire fondre une couronne. Et puis, tout à coup, le ciel s’est mis à gronder. Un roulement sourd, d’abord lointain, puis de plus en plus fort, jusqu’à ce que le tonnerre éclate pour de bon. Des éclairs déchiraient la nuit, un vacarme de fin du monde, un bruit à réveiller tout le royaume !

Et vous savez quoi ? Moi, votre petit roi, je n’ai pas eu peur du tout. Parfaitement. Pendant que le ciel faisait son cinéma, je suis resté digne et tranquille, la truffe intéressée, comme un vrai souverain qui assiste au spectacle depuis son trône.

Bah oui, un roi ne se laisse pas impressionner par quelques grondements !

Et puis, enfin, quelques averses sont tombées sur mon royaume assoiffé. Pas le déluge que Papa espérait, loin de là, mais de la vraie eau venue du ciel ! Après toutes ces semaines presque sans une goutte, c’était déjà un événement considérable.

L’ODEUR, MES AMIS, L’ODEUR !

Ce matin, en me réveillant, quelque chose avait changé. Et le plus fort, mes amis, c’est ce qui est arrivé à ma truffe dès que Papa a entrouvert la porte.

Une odeur.

Mais pas une petite odeur timide, non : une odeur immense, puissante, qui m’a sauté au nez comme un feu d’artifice !

Cette odeur si particulière de la pluie sur la terre chaude, ce parfum de poussière mouillée, de cailloux humides et de terre qui respire enfin. Je ne l’avais plus sentie depuis une éternité de chien.

Je suis resté planté là, les narines grandes ouvertes, à respirer l’air comme si je découvrais le monde pour la première fois.

— Alors, mon bonhomme, ça sent bon la pluie ?

Bon ? Papa, c’était le plus beau des parfums du royaume !

On devrait embouteiller ça.

LA PORTE S’OUVRE, LES OISEAUX CHANTENT

Et le miracle a continué.

Vous vous souvenez de ma grande bataille de la porte, ces jours où je réclamais désespérément de sortir et où Papa répondait non, non, et encore non ?

Eh bien ce matin, sans que j’aie eu à couiner ni à gratter, Papa a ouvert grand la porte en me disant simplement :

— Allez, viens, mon bonhomme. Tu peux sortir.

J’ai bondi dehors comme un ressort.

Et là, quelle merveille !

Ce silence terrible dont je vous parlais l’autre jour, ce silence de fin du monde sans presque un chant d’oiseau, avait disparu. Les oiseaux piaillaient, sifflaient et se répondaient d’un arbre à l’autre comme s’ils avaient décidé, eux aussi, de profiter de cette matinée enfin respirable.

Le royaume vivait et chantait de nouveau.

LES PATTES MOUILLÉES ET UNE HEURE AVEC LEROY

Et puis il m’est arrivé quelque chose que j’avais presque oublié.

J’ai eu les pattes mouillées !

Oui, mes amis. Mouillées !

Bon, ne nous emballons pas : le soleil n’avait même pas encore eu le temps de se lever franchement que la terre commençait déjà à sécher. Mais il restait suffisamment d’humidité pour tremper mes coussinets et accrocher quelques gouttelettes à mon poil.

Cela faisait tellement longtemps que j’avais presque oublié cette sensation.

Et franchement, je m’en fichais un peu, parce que mon copain Leroy était là !

Alors là, quelle rigolade. On a couru, on s’est poursuivis, on a reniflé partout et exploré les recoins du royaume comme si nous ne les avions jamais vus.

À un moment, j’ai bien entendu Papa m’appeler au loin.

— Voltaire ? Voltaaaire ?

Mais bon… entre nous, quand on s’amuse avec un copain, on n’a pas forcément envie de répondre tout de suite, hihi.

Résultat : j’ai disparu une heure entière !

Une heure de liberté, de jeux et de complot canin avec Leroy pendant que Papa se demandait encore où était passé son petit roi.

Quand il m’a enfin retrouvé, j’étais parfaitement satisfait de ma matinée.

— Voltaire ! Je t’ai cherché partout !

— Bah oui, Papa, mais j’étais occupé. Un roi a des affaires d’État, figure-toi.

Il n’avait pas l’air de trouver ça très drôle.

Moi si.

Et Leroy aussi, je crois.

MAIS DITES DONC… ET MA PELOUSE ?

Un petit détail me chiffonne tout de même.

J’ai fait le tour du propriétaire, la truffe au ras du sol, et j’ai constaté une chose fort contrariante : malgré l’orage et cette petite pluie, ma pelouse est toujours jaune.

Jaune paille.

Jaune paillasson.

Pas le moindre petit brin de vert à l’horizon.

Je rappelle qu’au mois de juillet, un certain Papa m’avait promis qu’une danse de la pluie ferait revenir mon beau tapis vert et moelleux.

La pluie est enfin venue et le tapis, lui, brille toujours par son absence.

Je compte donc demander des explications au responsable !

Papa m’a répondu qu’après des semaines de chaleur et de sécheresse, quelques millimètres ne pouvaient évidemment pas réparer tout ça en une nuit. Il paraît qu’il faudra beaucoup plus d’eau et probablement attendre l’automne pour revoir vraiment le royaume reverdir.

Bon.

J’accepte provisoirement l’explication.

Mais je garde un œil dessus.

ET MAINTENANT, DIRECTION MARMANDE !

Et comme si cette belle matinée ne suffisait pas, Papa vient de m’annoncer une dernière aventure.

Nous filons à Marmande, sur la grande plaine de la Filhole, voir les dernières montgolfières encore présentes pour la fin du Championnat de France !

Je ne sais pas encore exactement ce que nous allons voir ni si les ballons seront encore dans les airs lorsque nous arriverons, mais une chose est certaine : je vais inspecter tout cela de très près.

Des montgolfières, mes amis !

Des trucs immenses et colorés qui peuvent s’envoler dans le ciel !

Je me demande surtout ce que ma truffe va penser de tout ça… et si l’on a le droit d’aboyer après quelque chose d’aussi gros.

Je vous raconterai !

Voilà, mes chers amis.

L’orage est passé, quelques gouttes sont enfin tombées, l’air est plus respirable, les oiseaux chantent, la porte est ouverte et mon copain est là.

Ma pelouse ressemble toujours à un paillasson, certes, mais on ne peut pas tout avoir d’un coup.

Après un été pareil, croyez-moi, ces petits bonheurs-là valent tous les trésors du monde.

Et en profitant de cette matinée enfin plus douce, j’ai une pensée pour mes copains du rivage méditerranéen qui, eux, ploient encore sous une chaleur accablante.

J’espère de tout mon petit cœur que votre tour viendra très vite et que vous pourrez, vous aussi, savourer cette première vraie bouffée d’air frais.

Bonne journée à tous les copains, et profitez de chaque petit souffle de fraîcheur…

Léchouilles parfumées de pluie,

Le petit Roi Voltaire