14 août 2026
LE ROYAUME DANS LA FUMÉE
Bonjour bonjour mes chers copains à quatre pattes et leurs humains dévoués !
LE ROYAUME DANS LA FUMÉE
Les copains, je viens de dire au revoir à Taxi et Robin. Toute la semaine, j’ai entendu leurs grandes pattounes, surveillé leurs allées et venues et réclamé sans relâche à Papa le droit d’aller les retrouver.
Et voilà… ils sont repartis.
Bon voyage, les amis, et revenez quand vous voulez, le registre royal vous garde une place de choix.
Mais pas le temps de bouder, car cet après-midi, nouvelle arrivée au royaume !
Et pas n’importe laquelle : mon copain Leroy revient !
Leroy, je le connais déjà, il était venu l’été dernier. Moi, je n’étais alors qu’un petit bébé de huit mois, hihi.
Enfin… petit bébé, oui, mais déjà roi dans l’âme.
Je me demande quand même s’il va se souvenir de moi.
Moi, évidemment, je n’oublie rien.
Enfin… surtout les copains, les bonnes odeurs et l’endroit précis où Papa range les choses intéressantes.
MAIS CE MATIN…
En attendant Leroy, les copains, c’est carrément l’horreur.
J’ai chaud, mais ça, ce n’est même plus une information : ça fait si longtemps que j’ai chaud que j’ai presque oublié ce que veut dire avoir froid.
Sauf qu’aujourd’hui, c’est le pompon.
Je regarde dehors et je ne reconnais même plus mon royaume.
Le ciel est gris.
Pas gris comme avant un bon orage qui viendrait enfin nous rafraîchir, non.
Un gris bizarre.
Lourd.
Sale.
Et surtout, il y a de la fumée partout.
— Papa, c’est quoi encore, cette fumée ? Ça pue et ça me fait tousser !
— Je sais, mon bonhomme… et moi, ça me donne mal au crâne.
Alors évidemment, moi, je veux sortir.
Parce que c’est l’heure.
Parce que Leroy va arriver.
Parce qu’un roi doit tout de même savoir ce qui se trame dans son royaume.
Alors je couine, je réclame, je retourne vers la porte, je regarde Papa, je recouine.
Beaucoup.
Mais Papa ne cède pas.
— Non, Voltaire, tu restes dedans.
Encore ?!
Déjà qu’avec la chaleur on ne peut pratiquement sortir que le matin… voilà que maintenant, même le matin, on se retrouve dans la fumée.
Franchement, mes amis, ça commence à faire beaucoup pour un seul petit roi.
UNE PENSÉE POUR CEUX QUI SONT PRÈS DU FEU
Et puis, en regardant cette fumée derrière ma porte, j’ai compris une chose.
Si elle arrive jusqu’à mon royaume, c’est qu’elle vient de bien plus loin, portée par le vent depuis ces forêts du Sud-Ouest qui brûlent encore.
Alors moi, je me plains de ne pas pouvoir sortir, mais quelque part là-bas, des familles et leurs compagnons à quatre pattes ont dû fuir pour de vrai, et de courageux pompiers se battent dans cette chaleur terrible.
À eux tous, aujourd’hui, votre petit roi envoie ses pensées les plus douces.
Gardez courage.
UN AIR DE FIN DU MONDE
Dehors, c’est tellement étrange qu’on se croirait dans un film.
Le ciel gris.
La chaleur.
La fumée.
Le jardin silencieux où même les oiseaux se taisent.
Et moi derrière ma porte, qui attends désespérément que quelqu’un veuille bien me rendre mon été.
Alors pour l’instant, je reste sagement avec Papa, au frais.
Enfin… aussi frais que possible.
Et j’attends Leroy.
J’espère de tout mon petit cœur qu’il va me reconnaître, parce que depuis l’été dernier, j’ai quand même beaucoup changé.
J’ai grandi.
Je suis devenu très raisonnable.
Enfin… presque.
Bonne journée, les copains. Prenez bien soin de vous avec cette chaleur et cette drôle d’atmosphère.
Moi, je vais continuer à surveiller la porte.
On ne sait jamais : Leroy pourrait arriver d’une minute à l’autre.
Léchouilles enfumées mais pleines d’espoir,
Le petit Roi Voltaire