28 juillet 2026
LA QUATRIÈME CANICULE, C’EST TROP !
Bonsoir, bonsoir, mes chers copains à quatre pattes et leurs humains dévoués !
LA QUATRIÈME CANICULE, C’EST TROP !
Franchement, mes amis, pas de bol. Voilà trois jours que le temps était redevenu agréable, respirable, presque civilisé… et boum boum ! Le revoilà, implacable : le soleil qui écrase tout et cette chaleur à ne plus savoir où poser ses coussinets.
Moi, j’en ai marre. Vraiment marre. C’est trop injuste et beaucoup trop long. La quatrième canicule, mes amis ! Et d’ici la fin de l’été, on a largement le temps d’en récolter d’autres. Mais bon, devant un tel adversaire, même un roi n’a pas vraiment le choix. On serre les quenottes, on cherche le carrelage frais et on attend que ça passe.
UN ROYAUME EN PLEINE AGITATION
Hier pourtant, à la faveur d’un peu de fraîcheur, il s’est passé bien des choses dans mon royaume.
D’abord, Holly est partie. On s’est dit au revoir comme il se doit, sous le regard des deux labradors hollandais. Je ne capte jamais leur nom, d’ailleurs. On aurait dû les appeler Gouda et Tulipe, ça aurait été plus simple, mais leurs vrais noms m’échappent toujours. Ils sont bien trop brusques pour un petit roi de mon gabarit, alors j’évite soigneusement leur secteur, par pure sagesse diplomatique.
Et puis, après une petite sieste réparatrice, nouvelle arrivée au gîte. Un nouveau copain ! Enfin… encore une terrible erreur de casting de Papa : un labrador fou d’à peine un an !
— Non, Papa, là, c’est trop !
Du coup, je suis resté prudemment dans mon parc. Bah oui, je suis curieux, mais pas téméraire. Sauf que là, coincé dans mon propre parc à cause d’un excité…
— Non mais vraiment, Papa !
LA SURPRISE QUE JE N’AIMAIS PAS
Je me reposais tranquillement sur mon tapis de fraîcheur, en mâchouillant un bouchon de bouteille. Bah oui, ça fortifie la mâchoire et, par les temps qui courent, avec toute cette invasion de labradors, il faut bien que je muscle mes défenses !
Et là, Papa m’appelle.
— Voltaire !
— Oui, Papa ?
— Prépare-toi, on part !
— Où ça ?
— Surprise !
Je n’aime pas les surprises, moi. Mais pas de sac, pas de gamelle… hop, direction le siège auto, et broom broom.
La campagne défilait, cuite à point, mais heureusement, il restait encore quelques champs de tournesols en fleurs, les plus tardifs, à tendre leurs visages vers le ciel. Les moissons sont terminées depuis longtemps, et seuls les paysages vallonnés et leurs feuillus apportaient encore un semblant de verdure à ce royaume assoiffé.
Et là, la voiture s’arrête.
— Non, Papa, pas ça ! Je ne veux pas voir Madame Adé ! J’y étais il y a quinze jours !
— Juste tes oreilles, mon bonhomme.
— Quoi encore, mes oreilles ?!
— Bah oui, elles retombent un peu, et le poil pousse tellement vite qu’on va égaliser les pointes. Tu verras, ça ne fait pas mal.
— Ai-je le choix, Papa ?
— Non !
UN TOILETTAGE PLEIN DE SURPRISES
De toutes mes forces, je me suis accroché à mon siège auto. Papa a dû m’en extirper comme il a pu, parce que je me débattais dignement. C’est la moindre des choses pour un roi que l’on emmène de force.
Mais en arrivant dans le salon de toilettage, que vois-je ? Kiss Me ! En plein brushing ! La pauvre était terrorisée. Alors je l’ai rassurée comme j’ai pu, avec un petit bisou de réconfort.
Et puis bzzz… la tondeuse, entre les mains expertes de Madame Adé. Kiss Me me regardait, complètement interloquée. Elle ne comprenait rien à ce qui m’arrivait, elle, avec ses grandes oreilles tombantes de Cavalier King Charles !
Papa avait raison : quelques minutes sur la table, et c’était réglé. Rapide et sans douleur. Ensuite, Papa m’a dit que nous allions attendre les parents de Kiss Me, et me voilà libre, débarrassé du stress du toilettage.
LE COUP DE FOUDRE POUR ROXY
Et c’est là, en inspectant les mille et un parfums du lieu, que mes yeux ont fait des étincelles ! Une petite chose de toute beauté : un adorable Coton de Tuléar. En un dixième de seconde, j’avais flairé qu’il s’agissait d’une jeune demoiselle, et je me suis empressé d’aller la saluer et de l’inspecter de la tête à la queue. Bah oui, c’est la moindre des politesses, non ?
Sauf que voilà qu’arrive Arsouille, un Shih Tzu noir de mon âge, lui aussi très intéressé par la belle. Roxy, c’est son nom. La pauvre : deux princes charmants pour elle toute seule ! Elle était complètement débordée, mais se laissait faire, hihi.
Heureusement, les parents de Kiss Me sont enfin arrivés, et notre petite belle craintive s’est jointe à nous, avec beaucoup d’appréhension. Elle découvre le monde après quatre années passées en élevage, alors je me suis fait tout doux et tout gentil avec elle.
Une bien jolie réunion canine chez Toutou Paradis. Et je sais déjà que j’y retournerai bientôt : Madame Adé a glissé la fameuse carte à Papa. Mes oreilles n’ont pas fini d’être surveillées, on dirait.
Bonne soirée à tous les copains, et courage face à cette chaleur…
Léchouilles fraîches,
Le petit roi Voltaire