3 juillet 2026
TUT TUT, QUI VA LÀ ?
Bonsoir bonsoir mes chers copains à quatre pattes et leurs humains dévoués !
TUT TUT, QUI VA LÀ ?
Ce matin, j’étais tranquillement en train de surveiller mon royaume depuis mon poste d’observation quand un bruit épouvantable a déchiré le calme de Clapiéra.
Tut tut ! Tut tut !
Mes oreilles se sont dressées comme deux petites antennes royales.
— Qu’est-ce qui se passe, Papa ? ai-je aboyé, tout affolé.
— Je ne sais pas, mon bonhomme, m’a répondu Papa en fronçant les sourcils.
Et là, ô stupeur ! Un énorme machin sur roues est apparu au bout du chemin. Un mini-bus, mes amis ! Grand comme une maison… ou presque.
— Un mini-bus, Papa ! me suis-je exclamé, la truffe collée à la fenêtre.
— Ah, les artistes peintres ! Ils arrivent.
Trop cool, Papa ! Mon petit cœur s’est mis à battre plus vite. Vous savez, moi, j’adore quand ça bouge dans le royaume. Une matinée agitée en perspective… quel bonheur pour un petit roi qui s’ennuie parfois de sa cour !
LE MYSTÈRE DU KLAXON
Mais voilà que ce drôle d’engin s’est mis à klaxonner de plus belle.
Tut tut tut !
Ça résonnait dans toute la vallée.
— Mais pourquoi elle klaxonne, Leesa ? ai-je demandé, franchement intrigué.
— Je ne sais pas, mais j’imagine que c’est un nouveau mini-van. L’angle de braquage est serré, elle a sans doute appuyé sur le klaxon sans faire exprès, m’a répondu Leesa.
Ah… je comprends. Ces trucs à roues, c’est compliqué à manœuvrer. Moi, au moins, quand je veux tourner, je tourne, et personne ne klaxonne dans mon royaume !
Enfin bref… c’était chouette. J’espérais surtout qu’ils allaient poser tous leurs nombreux accessoires par terre, à ma hauteur… hihi. Un petit roi doit bien avoir quelques privilèges, n’est-ce pas ?
MADAME RUTH ET LA JOYEUSE TRIBU
Et là, merveille des merveilles, une voix familière a retenti.
— Hello, Voltaire !
Ruth était là ! Je l’adore, cette dame. Elle a une odeur de peinture et de gentillesse. Et surtout, elle me regarde toujours comme si j’étais le plus beau des petits rois. Ce que je suis, évidemment… mais c’est toujours agréable qu’on le remarque.
Comme à chaque fois, une joyeuse troupe anglophone est descendue du mini-bus. Des Britanniques, des Australiens… ça m’interpelle toujours, cette distance qu’ils parcourent pour venir jusqu’à Montignac ! Certains arrivent de l’autre bout du monde, en passant même par Singapour, paraît-il !
Moi qui trouve déjà que le fond du royaume est un long voyage, je reste perplexe devant tant de courage.
Il y avait aussi un Irlandais vraiment rigolo, avec un accent qui chantait et roulait comme des petits cailloux. Alors, mine de rien, avec la discrétion d’un petit roi en mission secrète, je lui ai chipé un gros pinceau. Ni vu ni connu !
Il sentait bon l’eau propre et les couleurs de l’aquarelle. Un véritable trophée royal.
Et pour compléter cette joyeuse assemblée, un couple de Londoniens, tout sourire, qui s’extasiait devant mon royaume comme s’il découvrait le paradis.
Ce qui, entre nous… est parfaitement exact.
Vous savez, mes amis, il y a des matins où le royaume s’agrandit d’un seul coup. Des voix nouvelles, des accents lointains, des odeurs de peinture et de voyage.
Et moi, petit roi de Clapiéra, je me dis que ma cour n’a pas de frontières. Les humains traversent des océans pour venir poser leurs chevalets ici… et moi, je les accueille avec ma plus royale des indifférences… juste avant de leur piquer un pinceau.
Je vous souhaite une douce soirée, pleine de surprises…
Léchouilles colorées,
Le petit Roi Voltaire