2 juin 2026
LE VENT, LES TONGS ET LES GRANDS SECRETS
LE VENT, LES TONGS ET LES GRANDS SECRETS
Bonsoir, bonsoir, mes chers copains et leurs humains dévoués,
Enfin un peu de fraîcheur ! Toute relative certes, mais après ces semaines de fournaise le moindre degré de moins est une bénédiction royale. Profitez-en bien car paraît-il dimanche la chaleur revient. Bah oui.
Et ici en plus il y a du vent aujourd’hui. Un vent de dingue. J’ai du mal à garder mon brushing impeccable, c’est un vrai problème pour un roi qui se respecte.
UNE SEMAINE CHARGÉE
Cette semaine je suis très occupé car plusieurs événements majeurs se préparent au royaume. La manifestation nationale Rendez-vous aux Jardins d’abord, la grande manifestation nationale des jardins, et Papa est en mode perfectionniste absolu. Il est tellement exigeant avec ses plantes, tellement maniaque, tellement… pénible parfois je dois l’admettre. La canicule n’a rien arrangé, certaines plantes ont souffert, et Papa tourne en rond dans les massifs avec son sécateur et ses grands soupirs de jardinier insatisfait.
Et puis il va se passer autre chose cette semaine. Je me doute de quelque chose mais pour l’instant je ne peux pas le dire. Le suspense royal est maintenu.
L’AFFAIRE DES TONGS
Ce matin donc, en surveillant les travaux de jardinage depuis mon poste habituel, j’ai remarqué quelque chose d’intéressant du côté des gîtes. Les invités du gîte avaient laissé leurs tongs devant la porte. Deux belles tongs. Qui attendaient là, sagement, sans surveillance.
Je ne vais pas trop dans ce coin normalement, c’est plutôt interdit quand je suis non accompagné. Mais c’est chez moi quand même. Alors j’y suis allé voir. Pour inspecter. Royalement.
Et là j’ai pris une tong. Discrètement. Et je suis parti au trot vers la maison, deux cents mètres plus loin, ma tong dans la gueule, l’air de rien. Je l’ai déposée dans mon panier.
Et puis je suis retourné chercher la deuxième. Ni vu ni connu. Collection complète. Mission accomplie.
Je suis reparti au jardin voir où en étaient les travaux de désherbage, l’air parfaitement innocent d’un petit roi qui se promenait simplement dans les parages. Papa était sur la tondeuse, broom broom, absorbé par ses allées. Personne n’avait rien vu. Parfait.
Après un certain temps j’ai vu Papa qui s’arrêtait et discutait avec un monsieur. Jean-Paul, l’invité du gîte. Ils regardaient tous les deux vers la porte du gîte, puis vers moi. J’ai senti que la situation se compliquait légèrement.
— Voltaire !
— Oui Papa, j’arrive !
Je me suis approché avec toute la classe habituelle, la queue haute, le pas assuré, l’œil vif.
— Tu n’aurais pas volé les tongs de Jean-Paul ?
— Volé ? Moi ? Non je ne suis pas un voleur Papa !
— Voltaire… où sont les tongs ?
— Ah tu parles des claquettes !
— Oui Voltaire, les claquettes.
— Dans mon panier à la maison.
— Voltaire mais quand même, ça ne se fait pas !
— …
Jean-Paul me regardait avec cet air mi-amusé mi-résigné du vacancier qui commence à comprendre dans quel royaume il a réservé son séjour. Je lui ai rendu ses claquettes avec toute la dignité d’un roi qui fait un geste généreux de sa propre initiative. Papa a souri malgré lui. Je l’ai vu.
La leçon du jour : les tongs devant une porte c’est une invitation. C’est une loi naturelle du royaume de Clapiéra. Jean-Paul le sait maintenant.
Je vous souhaite une belle soirée à tous mes chers copains et leurs humains dévoués !
Léchouilles ventées et espiègles,
Le petit Roi Voltaire