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21 mai 2026

L’ASSOCIATION ANGLAISE ET LE GRAND VOL DE POTS

Bonsoir bonsoir mes chers copains et leurs humains dévoués !

Tout d’abord Papa vous remercie du fond du cœur pour tous vos commentaires de ce matin qui l’ont beaucoup touché. Et moi je dis merci à tous mes fidèles lecteurs. Vous êtes formidables, vraiment.

L’ASSOCIATION ANGLAISE ET LE GRAND VOL DE POTS

LE RÉVEIL ROYAL

Ce matin je n’ai pas compris. Soleil, grand ciel bleu, température déjà chaude sur ma place du matin en plein soleil. Le bonheur absolu. J’étais installé là, le museau levé, les yeux mi-clos, à me laisser chauffer la fourrure comme un lézard royal, quand Papa est venu vérifier que je n’étais pas en train de cuire comme un poulet rôti.

— Mais non Papa, je me chauffe au soleil…

— Voltaire il fait déjà vingt-cinq degrés.

— C’est parfait Papa.

Il m’a regardé avec son air dubitatif habituel et est reparti s’agiter dans tous les sens. Déplacer des tables, bouger des pots, installer des choses, désinstaller des choses… J’ai décidé de le suivre pour comprendre ce qui se tramait.

L’INVASION ANGLAISE

Et puis des voitures. Des voitures, des voitures, encore des voitures. Broom broom broom dans l’allée du parking sous les arbres.

— Papa que se passe-t-il ?

— Nous recevons une association anglaise de jardinage Voltaire !

— WOW ! Il y a des gâteaux Papa ?

— Je ne sais pas, ils pique-niqueront Voltaire.

— Très intéressant. Je note.

C’était la cacophonie sous les arbres du coin parking, personne ne savait trop où se garer, les voitures qui manœuvraient dans tous les sens.

— Papa je vais aller les aider, sinon ça va être problématique pour qu’ils ressortent !

— Voltaire tu restes là.

Je suis resté à l’entrée pour accueillir le monde à ma façon. Des ladies et des gentlemen débarquaient, et des moins ladies je dois dire, ce n’est pas le même look que mes artistes peintres. Ils tentaient tous de me caresser en passant. Tous. Sans exception. Sans invitation préalable.

On ne touche pas un petit roi si l’on n’a pas été invité. C’est une règle protocolaire élémentaire. J’ai reculé dignement à chaque tentative.

LE GRAND TOUR

Et c’est parti pour le grand tour du jardin. Je connais le programme par cœur, je pourrais presque répéter mot pour mot ce que Papa dit, tellement je l’ai entendu. Hihi. Mais là il semblait plus attentif que d’habitude, enfin certains membres du groupe en tout cas. Car il y a toujours ces gentlemen qui suivent sans écouter, qui parlent entre eux à voix basse, qui sont là uniquement pour accompagner leurs épouses et attendent patiemment que ça se termine. Je les comprends un peu, entre nous.

Mais j’ai rejoint le groupe quand une discussion très engagée a éclaté sur le choix des plantes et l’adaptation au climat, avec ces contrastes thermiques énormes que nous connaissons ici en Lot-et-Garonne. Des températures extrêmes, des gelées tardives, des canicules précoces…

J’ai écouté attentivement puis j’ai pris la parole.

— Moi j’ai mon tapis fraîcheur !

Quelques ladies ont levé les yeux. J’ai développé ma pensée : si les plantes souffraient de la chaleur, il fallait leur mettre des tapis fraîcheur. Bah oui, les pauvres. C’est logique non ? Papa m’a regardé avec son sourire de papa-qui-ne-sait-pas-quoi-dire. Je crois que ma suggestion méritera approfondissement.

L’ATELIER BOUTURAGE

Et puis, le moment que j’attendais sans le savoir : le workshop. En français c’est atelier de bouturage. Et là mes amis, c’était le paradis. Des pots partout, des bricoles qui traînaient, des tuteurs, des étiquettes, des petits outils posés çà et là… Un buffet royal pour un Yorkshire chapardeur.

Je me suis fait discret. Très discret. Stratégiquement discret.

Le principe était simple : quand tout le monde partait chercher des boutures dans les massifs, les affaires restaient sans surveillance. Et moi je restais. À garder. Les pots notamment. En les déplaçant. Dans ma gueule. Vers un endroit plus sûr, derrière le massif de sauges.

C’était trop rigolo. Un pot, deux pots, une étiquette, un petit tuteur de bambou… J’avais constitué une belle collection quand une lady m’a vu.

Elle m’a regardé. J’ai lâché tout immédiatement. Tout. Sans négociation. Car cette lady, mes amis, elle était effrayante. Grande, les yeux qui ne rigolaient pas du tout, et cet accent… Écossais. Beurk. Un accent à faire tomber les feuilles des arbres. Je suis reparti incognito vers la terrasse avec toute la dignité d’un roi qui se promenait simplement dans les parages.

L’APRÈS PIQUE-NIQUE

Après le pique-nique, j’ai rendu mon verdict intérieur : mission accomplie. J’avais accueilli, supervisé, conseillé sur les tapis fraîcheur, et constitué une belle collection de pots avant d’être stoppé par l’Écossaise. Une journée royalement bien remplie.

J’ai dit bye-bye à tout le monde depuis la terrasse, puis je suis rentré à la maison. Sa Majesté avait besoin de repos. Sérieusement besoin de repos.

Bonne soirée à tous mes chers copains et leurs humains dévoués !

Léchouilles horticoles et internationales,

Le petit Roi Voltaire