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18 mai 2026

L’ABSENCE DE TAYA ET LE KALÉIDOSCOPE DU ROYAUME

Bonjour bonjour mes chers copains et leurs humains dévoués, enfin un retour de températures plus agréables !

L’ABSENCE DE TAYA ET LE KALÉIDOSCOPE DU ROYAUME

Mais je dois vous avouer quelque chose. Ce matin, malgré le soleil revenu et l’air doux sur la terrasse, j’avais le cœur un peu lourd. Taya est partie.

— Papa, pourquoi elle est partie ?

— Elle est venue se reposer à la campagne avec sa maman Voltaire, mais les vacances ne sont pas éternelles.

— Mais pourquoi ? Ca serait mieux si elle restait, moi je trouve.

— …

— Papa je me sens seul.

Papa n’a pas répondu. Il m’a juste gratté derrière les oreilles avec cette douceur qu’il a quand il ne sait pas quoi dire. J’espère qu’elle reviendra un jour, ma copine Taya. Le royaume est moins animé sans elle. Les pots vides n’attendent plus personne.

RETOUR AUX AFFAIRES

Du coup j’ai repris mes activités de jardinage, sans trop d’entrain je dois l’admettre. Un peu comme Papa qui se bat inlassablement contre les adventices depuis ce matin, la tête dans les massifs, les mains dans la terre, ce combat quotidien et sans fin du jardinier contre les mauvaises herbes qui repoussent aussi vite qu’on les arrache.

Aujourd’hui on était loin de la maison, vers la mare et sous le chêne géant. L’endroit interdit sauf avec Papa, vous vous souvenez ? Papa a nettoyé la falaise, enfin une partie. Je ne vois pas vraiment la différence, je dois l’avouer, mais Papa semblait satisfait alors je l’ai approuvé royalement. C’est aussi mon rôle.

LE KALÉIDOSCOPE DU ROYAUME

Et mes amis, malgré ce ciel un peu maussade, le jardin brille de mille couleurs. Avec ce temps couvert les teintes sont encore plus intenses, plus profondes, comme si chaque fleur voulait compenser le manque de soleil par plus d’éclat encore.

Les sauges de Papa sont splendides en ce moment, leurs épis dressés dans toutes les nuances de bleu, de violet, de rouge et de blanc. Et une multitude de vivaces entrent en scène les unes après les autres, un vrai kaléidoscope qui change de jour en jour.

J’ai trouvé une grosse fleur jaune que j’adore, une hémérocalle Stella de Oro, toute dorée et lumineuse comme un petit soleil posé au ras du sol. J’ai dit à Papa que je la trouvais magnifique.

— Ce soir tu vas en manger en salade Voltaire !

— Pardon ?

— Les hémérocalles sont comestibles, c’est délicieux.

— Papa tu es fou !

Il a ri. Je crois qu’il plaisantait. Enfin j’espère.

Et puis ces immenses fleurs bleues que j’adore, les géraniums grandiflora, de grandes corolles bleu intense qui ondulent au moindre souffle d’air. J’en ai tourné autour longuement, le museau frémissant, à en admirer les pétales délicats.

LA SEMAINE DES VISITEURS

Papa est en mode perfectionniste absolu cette semaine. Deux groupes de visiteurs arrivent, ainsi que des rendez-vous au jardin, et il veut que tout soit parfait. Il est pénible dans ces moments-là, je ne vais pas vous mentir. Il inspecte, il rectifie, il désherbe des coins qui me semblent déjà impeccables, il recule pour regarder l’ensemble, il avance à nouveau, il soupire, il rectifie encore.

Moi je le suis de massif en massif avec ma patience royale. Le jardin est beau Papa. Vraiment beau. Même sans Taya pour courir dedans.

Bonne soirée à tous mes chers copains et leurs humains dévoués !

Léchouilles mélancoliques mais colorées,

Le petit Roi Voltaire