15 mai 2026
EYMET, TAYA ET MIMIKU LE BOUDEUR
EYMET, TAYA ET MIMIKU LE BOUDEUR
Gla gla mes chers copains yorkshires et leurs humains dévoués, on se caille dans le royaume ce matin !
C’est vraiment surprenant après ces après-midi à chercher l’ombre sous la brouette de Papa il y a encore quelques jours. Mais Papa dit que la chaleur revient bientôt. Ouff. En attendant je profite de cette fraîcheur retrouvée avec une énergie que la canicule m’avait confisquée.
Et cette fraîcheur a un avantage immense : grande balade avec ma copine Taya !
BROOM BROOM DIRECTION EYMET
Tout le monde dans la voiture ce matin, broom broom, direction Eymet pour le grand marché. La route traverse les champs de blé lot-et-garonnais qui ont poussé comme des fous après les dernières pluies, de grandes vagues vertes et dorées qui ondulent jusqu’à l’horizon sous le ciel frais du matin. C’est beau, vraiment beau.
Eymet, mes amis, c’est une des plus jolies bastides du Périgord. Ces bastides ce sont ces villages médiévaux construits en damier autour d’une place centrale à arcades, fondés au XIIIe siècle. Eymet avec ses vieilles pierres couleur miel, ses arcades qui abritent les commerçants depuis des siècles, sa tour carrée qui veille sur la place depuis le Moyen-Âge, et ses ruelles pavées où chaque pierre a une histoire à raconter. Une bastide so british d’ailleurs, car la communauté anglaise y est nombreuse et les enseignes bilingues y sont légion. Papa adore cet endroit. Moi aussi.
LES VACHES DE TAYA
Sur la route Papa a ralenti puis s’est arrêté. Des vaches dans un pré, de belles charolaises blanches qui broutaient tranquillement.
— Regarde Taya, des vaches !
Taya est citadine, elle ne connaît pas trop la campagne. Elle a tendu le museau vers la vitre, les yeux écarquillés devant ces masses blanches immenses qui la regardaient d’un air placide. Elle était impressionnée. Moi je regardais Taya être impressionnée, ce qui était presque aussi amusant que les vaches elles-mêmes.
LE GRAND MARCHÉ
Au marché c’était l’affluence ! Les odeurs se mélangeaient dans l’air frais du matin, épices, fromages, fleurs coupées, poulets rôtis… Taya est une gourmande, pas comme moi, elle reniflait chaque étal avec une intensité remarquable. Moi je restais digne, enfin presque.
Presque, parce que chez le copain de Papa, le pépiniériste du marché, j’ai fait pipi sur des trucs verts. Je me suis fait gronder. Mais c’était de l’armoise, et l’armoise ça sent vraiment trop fort, une odeur âcre et envahissante qui m’avait sauté aux narines et déclenché un réflexe territorial immédiat. C’est une réaction purement instinctive. Scientifique, presque. Papa n’a pas semblé apprécier l’argument.
LA RÉUNION CANINE AU CAFÉ
Après le marché, direction le café pour la réunion canine du matin. Et là mes amis, que de copains ! Une belle assemblée de museaux sous les arcades d’Eymet, des retrouvailles, des présentations, des échanges d’informations olfactives… C’était rigolo et animé.
Et au détour d’une allée, vous savez qui j’ai recroisé ? Mimiku ! Le Sud-Coréen ! Mon ami au caractère bien trempé. Sauf que ce matin Mimiku boudait. Les oreilles basses, le regard de côté, pas un signe de queue. Je crois qu’il n’avait pas apprécié l’arrivée de Taya dans ma vie. La jalousie, mes amis, ça n’épargne personne, pas même les Coréens. Je lui ai fait un salut amical qu’il a reçu avec une froideur digne d’un diplomate. On se réconciliera la prochaine fois, j’en suis certain.
L’APRÈS-MIDI AU ROYAUME
Retour à Clapiéra pour une après-midi de balade et d’amusement dans le jardin avec Taya. Les courses dans la prairie, les explorations dans les massifs, et puis la grande découverte de Taya : l’endroit où Papa range ses pots vides. Un vrai trésor mes amis. Des pots de toutes les tailles, de toutes les couleurs, empilés là qui n’attendaient que nous. J’en ai chopé un, Taya en a chopé un autre, et nous sommes partis comme des fous à travers le jardin, chacun avec son pot dans la gueule, à nous poursuivre entre les massifs de sauges. Papa nous regardait avec son soupir spécial. Ces pots colorés, pour nous c’est de l’or pur. Bah oui, les meilleurs jouets ne sont jamais ceux qu’on achète.
Et puis j’ai eu une idée. Une très bonne idée. Montrer la mare à Taya. La mare avec ses grenouilles, ses batraciens, ses mystères aquatiques… Une citadine comme elle n’avait certainement jamais vu ça. Nous avons filé tous les deux vers le fond du royaume, loin, très loin de la maison.
Et là :
— Voltaire !!! Où êtes-vous ???
Taya a aboyé un peu pour signaler notre position, bah oui, Papa nous avait complètement perdus de vue. Nous étions au bord de la mare quand il a débarqué, légèrement essoufflé, le regard qui en disait long.
— À la mare ! Non mais sortez de là !!
— Papa je montrais les grenouilles à Taya, elle ne connaît pas…
— Interdiction de venir là ! C’est compris ?!
Papa était en colère, une vraie colère cette fois. Nous étions très loin de la maison, et avec nous deux il peut toujours arriver un imprévu. Bah oui, on aurait pu faire trempette dans la mare, hihi. L’idée m’avait effleuré je l’avoue. Taya aussi semblait intriguée par l’eau. Heureusement que Papa est arrivé à temps. Enfin, c’est sa version.
Ce soir c’est soirée cheminée…
Bonne soirée à tous mes chers copains et leurs humains dévoués !
Léchouilles frisquettes et complices,
Le petit Roi Voltaire