10 mai 2026
ALOÉ RETROUVÉ, TAYA LA CHIHUAHUA ET LES FOULARDS HERMÈS
ALOÉ RETROUVÉ, TAYA LA CHIHUAHUA ET LES FOULARDS HERMÈS
Bonjour bonjour mes chers copains et leurs humains dévoués, la suite et fin du feuilleton Aloé est arrivée !
Vous vous souvenez où nous en étions hier soir ? Les lampes frontales dans le jardin, tout le monde à la recherche du grand siamois peureux, et moi derrière ma baie vitrée à surveiller les opérations avec mon flair inexploité. Eh bien ce matin Papa m’a raconté la suite.
LE SAUVETAGE D’ALOÉ
Aloé avait été retrouvé. Dans le chai. Sur une poutre. À quatre mètres du sol. Quatre mètres ! Ce grand siamois avait réussi à grimper là-haut dans l’obscurité, accroché à sa poutre comme un acrobate, et refusait catégoriquement de descendre. Il a fallu sortir la grande échelle. Tante Lydia en haut, agrippée aux barreaux, tendant les bras vers ce grand félin qui s’accrochait à la poutre avec ses griffes de toutes ses forces. Une scène digne d’un film de sauvetage.
Moi j’étais dans mon parc pendant toute l’opération. À l’écart. Écarté, pour être précis. Papa avait été catégorique.
— Voltaire tu restes dans ton parc.
— Mais je pourrais aider Papa, mon flair…
— Ton parc Voltaire.
En quoi aurais-je été un trouble-fête ? Je me pose encore la question. Sérieusement. J’y réfléchis. Un Yorkshire de dix-sept mois mois avec un flair exceptionnel, écarté d’une opération de sauvetage félins… L’histoire retiendra l’injustice.
ALOÉ ET MOI, UNE RELATION COMPLIQUÉE
Du coup je n’ai pratiquement pas vu Aloé de la journée. Il est resté renfermé dans la chambre de Tante Lydia, ne sortant que lorsque j’étais moi-même dans la maison. Une organisation diplomatique digne de sommets internationaux. Mais par la baie vitrée je le voyais gambader dans MON royaume, fouler MON paillage, renifler MES massifs de sauges avec une désinvolture absolue.
Ça m’a énervé grave, je ne vais pas vous mentir.
Et puis Aloé est parti avec Tante Lydia. Et le départ de Tante Lydia, mes amis, ça serre toujours le cœur. Ces au revoir sur le perron, ses bras qui me serrent fort, son odeur familière qui s’éloigne dans la voiture… Je suis resté un moment sur la terrasse à regarder la route vide. C’est triste les départs.
TAYA LA TORNADE CHIHUAHUA
Mais j’avais à peine eu le temps de remettre de mes émotions que j’étais tranquillement allongé sur ma terrasse à lézarder au soleil quand soudain :
— Ouaf ouaf !
Une demoiselle chihuahua à poil long avait surgi devant le portail avec sa maman. Taya. Toute petite, toute vive, les yeux brillants comme deux boutons noirs, le poil soyeux au vent. Quinze secondes de salutations protocolaires en laisse, et puis sa maman l’a libérée. Bah oui, chez moi pas de laisse, sauf quand il y a les sales chenilles bien sûr.
Et là Taya a découvert le royaume. Ses yeux se sont écarquillés. Et nous sommes partis tous les deux comme des fusées à travers les massifs, les allées, la prairie fauchée, sous les pins, autour du rosier Banks. Elle courait comme une folle, moi pareil, les pattes qui ne touchaient plus terre, le vent dans les oreilles. Deux petits aristocrates en pleine liberté royale. C’était trop bien.
LES LADIES ARTISTES ET LES FOULARDS
Et puis j’ai aperçu Papa qui s’agitait un peu du côté de la grille.
— Papa, il y a des ladies artistes cet après-midi ?
— Oui Voltaire, c’est rare l’après-midi, mais vu l’orage de fin de matinée elles ont attendu.
— Super ! Merci Papa. Elles sont très chic avec leurs beaux foulards… Ce sont des Burberry ?
— Non je ne crois pas. On dirait plutôt des Hermès.
— Des Hermès ! Je pourrais en chiper un comme l’année dernière, et je pourrais montrer à Taya comment chaparder leurs pinceaux aussi ! Une initiation royale !
— Voltaire, sois sage quand même. Un petit roi doit montrer l’exemple.
— Bien sûr Papa…
J’ai dit bien sûr Papa avec mon air le plus convaincu. Taya me regardait avec des étoiles dans les yeux. La relève est assurée.
Voilà mes amis, une belle semaine qui s’annonce avec ma nouvelle amie Taya, les ladies artistes et leurs foulards Hermès qui n’attendent que moi. La vie au royaume de Clapiéra ne manque décidément jamais de rebondissements.
La leçon du jour : un chat sur une poutre à quatre mètres, ça se récupère à l’échelle. Un foulard Hermès sur une artiste distraite, ça se récupère autrement. Les deux demandent du talent.
Bonne soirée à tous mes chers copains et leurs humains dévoués !
Léchouilles printanières et complices,
Le petit Roi Voltaire