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6 novembre 2025

Départ Précipité Sous la Pluie

Coucou mes chers copains à moustaches et leurs humains adorés qui me suivent dans mes tribulations quotidiennes !

DÉPART PRÉCIPITÉ SOUS LA PLUIE

Ce matin, Papa était en mode panique totale. « HOP HOP ! On va être en retard ! ALLEZ VOLTAIRE, VITE ! »

En retard pour quoi ? Mystère. Mais bon, quand Papa dit « vite », c’est que c’est important (ou qu’il a mal géré son timing, ce qui arrive 90% du temps).

« Habille-toi Voltaire, il pleut ! »

QUOI ?! IL PLEUT ?!

Non non non, pas la pluie ! Mes pattes délicates ! Mon pelage royal !

Mais pas le choix. Direction le siège auto dans la précipitation, Papa qui court partout pour rassembler ses affaires. Hop, me voilà installé, et c’est parti vers… où déjà ?

Pendant le trajet, je ne regardais même pas par la vitre. Le paysage ressemblait de plus en plus à un tableau d’hiver sous la pluie battante. Les arbres dégoulinants se fondaient dans la brume, les champs trempés brillaient d’un éclat terne sous le ciel bas et gris. L’eau ruisselait sur les vitres de la voiture, créant des rivières tremblantes qui déformaient le paysage déjà morne. Tout était mouillé, sombre, déprimant. Beurk.

L’HORREUR : LE SALON DE TOILETTAGE !

Arrivés sur un parking… que j’ai RECONNU ! Oh non. OH NON. Ce parking… je le connais… C’est LE parking… CELUI DU SALON DE TOILETTAGE !

L’HORREUR ABSOLUE !

Mes copains, vous ne pouvez pas imaginer. Le salon de toilettage, c’est l’endroit où un petit roi perd toute sa dignité. Mais bon, pas le choix, comme dit Papa.

AMBIANCE DU SALON

Dès qu’on a poussé la porte, un mélange d’odeurs m’a accueilli. Le shampooing vanille-coco se mélangeait au parfum canin, aux poils mouillés. Ma truffe royale frémissait en découvrant ce cocktail olfactif familier mais toujours aussi intense. Le sol carrelé était froid sous mes coussinets quand Papa m’a posé.

Mais contrairement à d’autres fois, c’était plutôt calme aujourd’hui. Pas d’aboiements frénétiques, pas de meute de chiens paniqués. Juste WOOOOSH – le bruit régulier et presque apaisant d’un séchoir qui tournait au fond du salon. SPLASH SPLASH – l’eau coulait doucement dans un bac de lavage. L’air était chaud et humide, mais l’atmosphère restait paisible.

Presque zen, finalement.

Un gros Setter irlandais se faisait sécher sur une table, son long pelage roux ondulant sous le souffle du séchoir comme des vagues cuivrées. Il avait l’air tranquille, presque endormi, ses grandes oreilles tombantes dégoulinant encore un peu. Ses yeux mi-clos trahissaient cette sorte de résignation heureuse qu’on a quand on sait que le pire est passé.

Ça me rassurait de le voir si calme. Si ce géant pouvait survivre au toilettage avec autant de sérénité, moi aussi je pouvais !

Madame Adé était là, souriante comme toujours, ses mains déjà prêtes à me transformer. Elle a des mains douces, c’est vrai, expertes et rassurantes. Mais quand même. Le toilettage reste l’épreuve. Papa m’a confié à elle avec son habituel « Sois sage, mon petit roi » et hop, elle m’a emmené direct vers les bacs de lavage. « Allez mon beau Voltaire, on commence par un bon bain ! »

RENCONTRE AVEC MADAME BOUCLETTE

Et là, surprise ! Dans le bac d’à côté, il y avait une certaine Madame Bouclette. Une jolie caniche de ma taille, toute bouclée comme son nom l’indique, avec un pelage crème qui commençait déjà à être tout savonneux. Elle était en plein shampooing, et franchement, elle avait l’air aussi stressée que moi !

On s’est regardés par-dessus nos bacs respectifs avec cette complicité qu’ont les condamnés pendant l’exécution. Nos oreilles étaient basses, déjà pleines de mousse blanche qui débordait. Le calme du salon rendait nos petits gémissements encore plus audibles. On était juste nous trois dans ce moment suspendu – moi, Madame Bouclette, et le gros Setter qui continuait son séchage paisible au fond, comme un sage qui aurait déjà traversé l’épreuve. Une petite équipe de rescapés du toilettage.

SPLASH SPLASH – l’eau coulait sur nous, tiède au début puis franchement trop chaude, avant de devenir glaciale quand Madame Adé réglait la température. Le shampooing moussait entre ses doigts experts qui me frottaient partout, glissant dans mon pelage mouillé avec des mouvements circulaires apaisants. La toiletteuse de Madame Bouclette faisait pareil de son côté, créant un ballet synchronisé de massages savonneux. Dans le calme du salon, on entendait juste le bruit de l’eau qui cascade, le souffle régulier du séchoir sur le Setter, et nos petits soupirs résignés qui ponctuaient chaque rinçage.

« Tu es sage, Voltaire ! » disait Madame Adé en me rinçant abondamment. Le jet d’eau tambourinait sur mon crâne, coulait dans mes oreilles (je déteste ça !), ruisselait le long de mon dos en emportant toute la mousse. J’ai dû boire la moitié du bac en essayant de respirer entre deux vagues, toussant un peu quand l’eau entrait dans ma truffe. Sage ? Je tremblais de stress, oui ! Mais bon, je me laissais faire sans protester. Un roi sait garder sa dignité, même transformé en Yorkshire trempé couvert de mousse vanille-coco qui dégouline.

Le rinçage n’en finissait plus. Madame Adé vérifiait chaque centimètre de mon pelage, s’assurant qu’il ne reste plus la moindre trace de shampooing.

LE SÉCHAGE ET LE BRUSHING

Ensuite, direction la table de séchage. WOOOOSH ! Mon séchoir s’est mis en marche, rejoignant celui du Setter dans un concert de souffles chauds. L’air soufflait directement dans mes oreilles, les faisant voleter comme des petits drapeaux. Dans le calme relatif du salon, le bruit semblait encore plus présent, enveloppant. Le souffle puissant me transformait en petit lion ébouriffé, mon pelage se dressant dans tous les sens sous la force de l’air.

Madame Adé brossait patiemment pendant que l’air chaud sculptait mon pelage, démêlant chaque nœud avec une douceur ferme. Ses doigts guidaient la brosse avec expertise, suivant le sens du poil, lissant, arrangeant. À côté, Madame Bouclette subissait le même traitement, ses boucles crème se redressant progressivement, reprenant forme et volume. Le gros Setter, lui, avait fini et attendait tranquillement sa maîtresse dans le mini-parc, l’air absolument royal avec son pelage roux parfaitement lissé qui brillait sous les lumières.

Puis vinrent les ciseaux. CLIC CLIC. Madame Adé taillait autour de mes oreilles avec une précision chirurgicale, son visage concentré tout près du mien. Dans le silence relatif du salon, chaque petit « clic » des ciseaux résonnait, amplifié. Je n’osais pas bouger d’un poil, sentant les lames froides effleurer mon pelage, frôler mes oreilles délicates. Ma respiration était suspendue à chaque coup de ciseau.

Mais progressivement, je reprenais forme. Mon pelage devenait soyeux sous les mains magiques de Madame Adé, brillant comme de la soie, parfaitement coiffé avec cette petite frange royale au-dessus des yeux. Le brushing royal prenait tournure, digne d’un vrai prince de conte de fées. Je commençais même à me sentir beau !

L’ATTENTE DANS LE MINI-PARC ET LA RAZZIA

Une fois terminés, Madame Bouclette et moi avons été installés dans le mini-parc d’attente. On attendait nos maîtres respectifs qui devaient venir nous récupérer. On était là, tous les deux, enfin propres, coiffés, beaux, sentant bon la vanille et la lavande. Nos pelages brillaient sous les lumières du salon. On se regardait avec soulagement, nos queues recommençant même à remuer un peu. « On a survécu ! » semblaient dire nos regards complices, ces petits coups d’œil qu’on échangeait par-dessus le rebord du parc. Le gros Setter était déjà parti avec sa maîtresse. On était seuls dans notre petit parc, profitant du calme après la tempête du toilettage, savourant cette sensation de propreté et de beauté retrouvée.

Et là, mes amis, j’ai assisté à quelque chose d’extraordinaire.

La maîtresse de Madame Bouclette est arrivée, elle s’est dirigée vers le rayon des vêtements pour chiens. Madame Bouclette, depuis son mini-parc, regardait avec des yeux ÉNORMES, ses oreilles dressées au maximum, sa queue frétillant d’excitation, pendant que sa maîtresse faisait une véritable razzia !

Des robes à froufrous scintillaient sous les lumières du salon, accrochées sur leurs petits cintres comme dans une boutique de luxe miniature. Des robes à froufrous scintillaient sous les lumières du salon, accrochées sur leurs petits cintres comme dans une boutique de luxe miniature.

Des colliers ornés de strass brillaient de mille feux derrière leur vitrine – on aurait dit les joyaux de la Couronne ! D’ailleurs, ça me rappelait étrangement le collier volé à Paris la semaine dernière dont Papa m’avait parlé. Enfin bon, là au moins ils étaient en sécurité derrière la vitrine, pas à la portée de petites pattes canines indélicates ! Des petits manteaux à paillettes attendaient sur leurs présentoirs, étincelants comme des vêtements de star. « Pour une soirée étincelle ce soir ! » s’exclamait la maîtresse, tout excitée, les bras déjà chargés de tenues plus bling-bling les unes que les autres, ne sachant plus où donner de la tête devant tant de choix glamour. Apparemment, une « soirée étincelle » est un truc où les chiens doivent briller comme des boules à facettes ambulantes. Je n’avais pas trop compris le concept, mais ça avait l’air important.

La maîtresse ne s’est pas arrêtée là. Elle a même ajouté une laisse et un collier en diamants (enfin, des faux diamants, mais quand même !) à sa collection déjà impressionnante.

C’était trop beau, hyper scintillant, très « Hollywood canin », comme ces toutous qu’on voit dans les magazines people. Madame Bouclette trépignait littéralement d’impatience dans le mini-parc, ses petites pattes avant qui grattaient le sol, visiblement ravie de sa future transformation en princesse étincelante. Elle rayonnait déjà d’anticipation !

Je regardais tout ça avec des yeux ronds, fasciné malgré moi par ce déploiement de paillettes et de strass. Franchement, j’aurais l’air RIDICULE avec ces trucs, même si je suis de sang royal ! Un Yorkshire, c’est fait pour être élégant NATURELLEMENT, pas pour ressembler à un sapin de Noël ambulant ! L’élégance, mes amis, c’est la simplicité. La vraie classe ne se crie pas, elle se murmure.

Papa est arrivé en retard, comme d’habitude. « Désolé, désolé ! » qu’il a lancé à Madame Adé en franchissant la porte, essoufflé, les cheveux un peu ébouriffés par la pluie. Elle a souri poliment, mais je voyais bien dans ses yeux qu’elle pensait « encore un humain qui ne sait pas gérer son temps ». Après des années de métier, elle devait avoir l’habitude des retardataires chroniques comme Papa.

Il m’a récupéré du mini-parc, me soulevant avec précaution, et a fait ses « Oooooh » admiratifs habituels : « Mon petit roi, tu es SUPERBE ! Regarde-moi ça, on dirait un prince ! » Et en voyant la montagne d’achats bling-bling de la dame d’à côté, il m’a regardé avec un clin d’œil complice : « T’inquiète Voltaire, toi tu restes nature. Juste un bon brushing et c’est tout. L’élégance sobre, c’est notre marque de fabrique. »

OUF ! Merci Papa. Au moins, tu comprends l’élégance sobre et raffinée. Je me sentais beau, léger, propre, avec mon pelage soyeux qui brillait naturellement sous les lumières du salon. Mon brushing était parfait, mes oreilles impeccables, ma frange royale à la bonne longueur. Bon, d’accord, le toilettage valait peut-être le coup finalement. Je dois l’admettre.

LA BALADE DANS LE ROYAUME

Retour au royaume cet après-midi. Et devinez quoi ? Il pleuvait toujours. Mais Papa a profité d’une accalmie entre deux averses pour me faire sortir. « Allez Voltaire, un petit tour rapide avant que ça reprenne ! »

J’ai couru dans le royaume, mes pattes s’enfonçant dans l’herbe détrempée. Les feuilles mortes mouillées se collaient sous mes coussinets à chaque pas. Squish squish – ça faisait un bruit rigolo ! Mon pelage a tenu bon grâce à la pause dans la pluie, juste mes pattes qui étaient trempées et un peu boueuses.

Papa riait en me voyant slalomer entre les massifs : « Au moins ton brushing a survécu cette fois ! »

Et c’est vrai ! Bon, mes pattes ressemblaient à de petits bâtons de chocolat mouillé, mais le reste de ma personne royale était encore impeccable. Victoire partielle !

PAPA ÉCRIT DES HISTOIRES

Cet après-midi, pendant que je séchais (ENCORE !) devant la cheminée, roulé en boule sur mon coussin préféré, Papa était dans son bureau. Je l’entendais taper sur son clavier, concentré. Clic clic clic – le bruit régulier des touches qui créent des mots, des phrases, des histoires.

Il écrit le livre de Noël, celui qui raconte ma première année au royaume. Mais là, il fait une pause sur un autre projet : une fiction courte qui va vous réjouir, qu’il espère ! Il ne m’a pas dit de quoi ça parle exactement, mais il sourit en écrivant. Parfois il glousse même tout seul. Ça doit être drôle. Ou attendrissant. Ou les deux.

Connaissant Papa et ses histoires, ça va sûrement me mettre dans des situations embarrassantes. Encore. Il adore raconter mes bêtises, mes incompréhensions du monde des humains, mes réflexions philosophiques de petit roi.

Je vous tiendrai au courant, mes copains ! En attendant, je le surveille depuis mon coussin royal, un œil mi-clos sur lui, au cas où il raconterait des choses trop embarrassantes sur mon compte. Un roi doit contrôler son image, même dans les fictions !

Léchouilles ébouriffées mais totalement assumées,

Le Petit Roi Voltaire

P.S. Madame Bouclette, si tu lis ce journal, j’espère que ta soirée étincelle sera fabuleuse et que tu brilleras de mille feux !

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