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5 novembre 2025

La Bonfire Night à Maison du Fort : quand deux complices font des bêtises

La Bonfire Night à Maison du Fort : quand deux complices font des bêtises

Mes chers copains à moustaches,

Ce soir, c’était LA grande fête. La Bonfire Night chez Peps, mon copain Airedale Terrier adoré. Et quand je dis adoré, c’est vraiment le mot. Peps est un des rares êtres sur cette terre à qui je fais des bisous. Des vrais bisous. Des léchouilles affectueuses sur le museau. Et croyez-moi, avec moi, les bisous c’est rare. Très rare. Il faut vraiment être spécial pour avoir ce privilège royal.

La préparation distinguée

En fin d’après-midi, Papa est arrivé vers moi avec ce regard. Ce regard qui annonce qu’il va me faire porter quelque chose.

« Voltaire, ce soir c’est soirée britannique. Il faut être distingué. »

Il a sorti de l’armoire mon pull Madame FrouFrou. Celui avec l’Union Jack. Rouge, bleu et blanc. Les couleurs du drapeau britannique tissées dans un tricot doux et chaud.

Et vous savez quoi ? Je l’ADORE ce pull. Vraiment. Il est confortable, pas trop serré, et surtout, il a du style. Un style royal britannique qui me va à merveille.

Papa me l’a enfilé délicatement. J’ai levé mes pattes avant comme un mannequin professionnel. Aucune résistance. Pour une fois que Papa choisit bien mes vêtements.

« Parfait mon petit roi. Tu es superbe. »

Je me suis regardé dans le miroir de l’entrée. Pas mal. Pas mal du tout. Un vrai petit gentleman Yorkshire prêt pour une soirée chic.

« Allez hop, dans le siège auto. Direction Maison du Fort ! »

Le trajet nocturne

Papa m’a installé dans mon siège, bien attaché. La nuit était déjà tombée. Il faisait noir. Vraiment noir. Cette nuit d’automne épaisse où même les étoiles semblent hésiter à briller.

On a pris la petite route qui serpente entre mon royaume et celui de Peps. Maison du Fort n’est qu’à quelques encablures, comme dit Papa, mais la route est étroite, bordée d’arbres dont les branches formaient un tunnel sombre au-dessus de nous.

Je regardais par la fenêtre, mon nez collé contre la vitre froide. Mais je ne voyais rien. Que du noir. Des ombres qui passaient vite. Le faisceau des phares qui éclairait un bout de route avant de disparaître dans les virages.

Bah oui, il fait noir, hihi. C’est logique, mais j’espérais quand même voir quelque chose d’intéressant.

Et puis soudain, Papa a freiné. Fort.

J’ai trébuché dans mon siège, mes pattes glissant en avant.

« PAPA !!! »

« Tu l’as vu ?! »

Devant nous, traversant la route d’un pas lourd et tranquille, un ÉNORME sanglier. Massif. Avec ses poils hérissés, son groin puissant, ses petits yeux qui brillaient dans les phares. Il nous a regardés sans peur aucune, comme si nous étions les intrus sur SON territoire.

« Oui Voltaire, un sanglier. Un gros. »

Gros ? ÉNORME oui ! Cette bête faisait au moins cent fois ma taille ! Peut-être plus !

Le sanglier a fini sa traversée tranquillement et a disparu dans les fourrés de l’autre côté. Papa a redémarré doucement.

« Tu vois Voltaire, si tu continues à faire trop ton glouton avec les pommes et les gâteaux, tu vas finir comme ça. »

Papa rigolait. Moi pas. Finir comme ce mastodonte ? Jamais de la vie ! Je suis un Yorkshire élégant, pas un sanglier !

Mais bon, l’image était là maintenant dans ma tête. Le sanglier-Voltaire. Terrifiant.

L’arrivée à Maison du Fort

Quelques minutes plus tard, nous arrivions devant le manoir. Maison du Fort. Ce magnifique édifice du XVIIIe siècle, en pierre blonde, avec ses hautes fenêtres illuminées et son perron majestueux.

Des voitures étaient garées partout. Des gens arrivaient de toutes parts. Papa m’a pris dans ses bras et on s’est dirigés vers l’entrée.

« Hello ! Hi ! Bonjour ! » Les salutations fusaient dans toutes les langues.

C’était vraiment international. Des Anglais, des Français, des accents que je ne connaissais même pas. Un joyeux mélange cosmopolite qui créait une ambiance électrique.

Et puis, je l’ai vu. LUI.

PEPS !

Mon copain irlandais était là, sur le perron, accueillant les invités avec sa famille. Quand il m’a aperçu, ses yeux se sont illuminés. Il s’est approché, sa démarche chaloupée de grand chien heureux.

« Hello Voltaire ! »

Je me suis tortillé dans les bras de Papa pour descendre. Papa m’a posé par terre et j’ai couru vers Peps. On s’est reniflés. Longuement. Affectueusement. Et puis, je lui ai fait des bisous. Sur son museau tout doux. Sur ses grandes oreilles poilues.

Peps a fermé les yeux de bonheur. Nous étions heureux de nous retrouver.

Les maîtres de Peps et Papa discutaient déjà en anglais, riant, trinquant avec des verres de vin chaud qui fumaient dans l’air frais de la nuit.

L’ambiance de la Bonfire Night

Dans le jardin, derrière le manoir, un immense feu de joie avait été allumé. Le « bonfire » de la tradition britannique. Les flammes montaient haut dans le ciel noir, projetant des ombres dansantes sur les murs de pierre du manoir.

Autour du feu, des gens se réchauffaient, tenant des gobelets fumants, riant aux éclats. Il y avait de la musique, pas trop forte, juste ce qu’il faut pour créer une atmosphère festive. Des guirlandes lumineuses avaient été tendues entre les arbres, créant des chemins de lumière dans l’obscurité.

L’odeur du feu de bois se mêlait à celle des saucisses qui grillaient sur un barbecue improvisé. Des tables avaient été dressées, couvertes de nappes à carreaux rouges et blancs, chargées de plats typiquement britanniques.

Je reconnaissais certains visages. Les mamies du pub ! Elles étaient là, emmitouflées dans leurs manteaux élégants, sirotant leur vin chaud en discutant avec animation.

« Oh Voltaire ! You look so dashing in your Union Jack jumper ! »

Dashing. Je ne savais pas exactement ce que ça voulait dire, mais le ton était admiratif. J’ai remué la queue poliment.

Le secret de Peps

Peps s’est approché de moi, l’air conspirateur. Il a penché sa grosse tête vers la mienne et a fait un petit mouvement du museau vers le manoir.

J’ai compris immédiatement. Il voulait me montrer quelque chose. Quelque chose que les humains ne devaient pas voir.

Discrètement, pendant que tout le monde était absorbé par le feu et les conversations, Peps m’a guidé vers une petite porte latérale du manoir. Une porte en bois vieilli, légèrement entrouverte.

Maison du Fort, ce n’est pas juste un manoir. C’est aussi un atelier d’artiste. Les maîtres de Peps sont peintres, sculpteurs, créateurs. Leur maison est remplie d’œuvres d’art, de toiles, de sculptures, de matériel artistique partout.

Et Peps connaissait le chemin. Oh oui, il le connaissait bien.

On s’est faufilés par la petite porte. À l’intérieur, il faisait chaud. L’odeur de la peinture, de la térébenthine, du bois et du vernis flottait dans l’air.

Nous étions dans l’atelier.

L’atelier interdit

Des toiles étaient appuyées contre les murs. Certaines finies, d’autres en cours. Des couleurs vives, des coups de pinceau audacieux, des formes abstraites qui me fascinaient sans que je comprenne vraiment pourquoi.

Sur une grande table en bois, des dizaines de pinceaux étaient posés. De toutes tailles. Certains fins comme des cheveux, d’autres larges comme ma patte. Leurs manches en bois étaient tachés de peinture séchée, témoins de centaines d’heures de création.

Peps s’est approché de la table. Il a reniflé les pinceaux. Puis m’a regardé avec cet air qui dit : « Vas-y, prends-en un. C’est fun. »

J’ai hésité. Une seconde. Peut-être deux.

Et puis, la tentation a été plus forte.

J’ai chopé un pinceau avec mes dents. Un gros, avec un manche rouge vif. Il avait un goût bizarre, un mélange de bois et de peinture sèche et de quelque chose de chimique.

Peps en a pris un aussi. Un encore plus gros.

Et on a commencé à jouer.

On secouait nos pinceaux. On courait dans l’atelier avec. On les posait par terre et on les poussait avec nos museaux. C’était GÉNIAL.

À un moment, j’ai secoué mon pinceau si fort qu’il a heurté un pot de peinture posé sur une étagère basse. Le pot a vacillé. Mon cœur s’est arrêté.

Peps a posé sa grosse patte sur le pot juste à temps. Il l’a stabilisé. Catastrophe évitée.

On s’est regardés. Et on a éclaté de rire. Enfin, façon chien. Des petits jappements étouffés, des queues qui remuaient comme des drapeaux fous.

On était complices. Deux voleurs de pinceaux. Deux petits délinquants dans un atelier d’artiste.

Le retour à la fête

Mais notre escapade ne pouvait pas durer éternellement. Au loin, on entendait Papa appeler : « Voltaire ? Voltaire ? »

Peps a lâché son pinceau. Moi aussi. On les a reposés sur la table, tant bien que mal. Ils n’étaient plus exactement dans le même ordre qu’avant, mais bon, peut-être que personne ne remarquerait.

On est ressortis par la petite porte, reprenant notre air innocent de chiens sages.

Papa nous a vus arriver et a souri : « Ah vous voilà, vous deux ! Qu’est-ce que vous faisiez ? »

Rien Papa. On admirait juste le jardin. C’est tout.

Les maîtres de Peps ont ri : « They’re always together, these two. Best friends. »

Oui. Meilleurs amis. Et complices de bêtises aussi.

Le festin

Le repas a été servi. Des tables avaient été dressées avec des plats typiquement britanniques. Des saucisses grillées, des tourtes à la viande, du cheddar, des pommes de terre rôties, et bien sûr, des desserts sucrés.

Papa s’est installé avec les autres adultes. Moi, j’étais à ses pieds, en apparence sage.

Mais mes yeux scrutaient. Observaient. Attendaient.

Et puis, l’occasion s’est présentée.

Une des mamies du pub avait posé son assiette sur une table basse pour aller chercher une serviette. Sur l’assiette, il restait une moitié de saucisse. Dorée. Juteuse. Odorante.

Je me suis approché. Discrètement.

Peps m’a vu faire. Il s’est positionné de l’autre côté, créant une diversion. Il a fait semblant de renifler quelque chose d’intéressant près d’un autre invité.

Tout le monde regardait Peps.

Et moi, rapide comme l’éclair, j’ai chopé la saucisse.

VICTOIRE !

J’ai filé sous une table, ma prise entre les dents. Chaude, savoureuse, parfaite.

« Voltaire ! Did you just…? »

La mamie avait remarqué. Mais elle riait. Tout le monde riait.

« He’s such a little thief ! But so adorable ! »

Papa a soupiré. Ce soupir que je connais bien. Celui qui dit « je ne suis même plus surpris ».

Peps est venu me rejoindre sous la table. On a partagé la saucisse. Moitié-moitié. C’est ça, l’amitié.

La fin de soirée

Le feu a continué de brûler longtemps dans la nuit. Les gens riaient, chantaient même parfois. L’ambiance était chaleureuse, joyeuse, empreinte de cette convivialité britannique que j’aime tant.

Peps et moi, on s’est couchés près du feu, l’un contre l’autre. Sa grosse chaleur réconfortante contre mon petit corps. Les flammes dansaient devant nous. Le ciel noir au-dessus brillait maintenant de quelques étoiles.

Papa est venu nous voir : « Vous êtes beaux, tous les deux. »

Il nous a pris en photo. Peps et moi, dans la lueur du feu, mon pull Union Jack bien visible.

Vers vingt-deux heures, les invités ont commencé à partir. Papa m’a repris dans ses bras.

« On rentre, mon petit roi. Tu as bien profité de ta soirée ? »

Oh oui Papa. Oh que oui.

J’ai fait un dernier bisou à Peps. Sur son museau. Avec toute mon affection.

« See you soon, Voltaire, » semblait dire son regard.

Oui mon ami. Très bientôt.

Le retour

Dans la voiture, emmitouflé dans mon pull Union Jack, j’ai regardé par la fenêtre. Il faisait toujours aussi noir, mais maintenant je n’avais plus peur. J’étais fatigué. Heureux. Repu.

Papa conduisait doucement, attentif aux sangliers éventuels.

« Tu sais Voltaire, je crois que tu t’es bien amusé ce soir. Peps et toi, vous êtes vraiment complices. »

Oui Papa. Peps, c’est plus qu’un copain. C’est mon frère de cœur. Mon partenaire de bêtises. Mon ami pour la vie.

En arrivant au royaume, Papa m’a porté jusqu’à ma panière. J’étais tellement fatigué que je me suis endormi avant même qu’il me retire mon pull.

J’ai rêvé de feux de joie, de pinceaux volés, de saucisses partagées, et de l’amitié indéfectible entre un petit Yorkshire et un grand Airedale.

La Bonfire Night avait été parfaite.

Léchouilles complices et britanniques, Voltaire (10 mois, 3,4 kg d’amitié et de bêtises partagées)

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