4 novembre 2025
Regent’s Park et le Staffie de l’enfer
Regent’s Park et le Staffie de l’enfer
Mes très chers copains à moustaches,
Dernier jour à Londres. Demain, on rentre au royaume. Tonton Michael a proposé : « Before you leave, we MUST go to Regent’s Park. It’s one of the Royal Parks. Magnificent. »
Papa a accepté avec enthousiasme. Moi… après Wisley hier, j’étais prêt pour une nouvelle aventure.
Si seulement j’avais su.
LE TRAJET VERS REGENT’S PARK
On a pris le métro. La Northern Line depuis Seven Sisters, changement à King’s Cross, puis la Circle Line jusqu’à Baker Street.
Les métros londoniens sont BONDÉS le lundi matin. Des gens partout. Qui vont au travail. Qui lisent leurs téléphones. Qui portent des costumes et des attaché-cases.
Papa me tenait dans ses bras. Tonton Michael, évidemment : « He’s not getting squashed, is he ? There’s enough air ? Should we wait for the next train ? »
« Michael, il va bien. »
On est sortis à Baker Street. Tonton Michael a montré une statue : « That’s Sherlock Holmes ! The famous detective ! »
Papa a pris une photo de moi devant la statue. « Voltaire, le détective Yorkshire. »
On a marché jusqu’à l’entrée du parc. Et là… WOW.
REGENT’S PARK : L’IMMENSITÉ
IMMENSE. C’était le mot. Le parc s’étendait à perte de vue. Des pelouses parfaites, des allées larges et propres, des arbres centenaires aux couleurs automnales flamboyantes, des massifs de fleurs (même en novembre !), et au loin, des bâtiments blancs élégants qui bordaient le parc.
« 166 hectares, » a précisé Tonton Michael. « One of the largest parks in London. »
Papa m’a détaché de ma laisse : « Vas-y Voltaire. Cours. »
ENFIN.
J’ai couru. Sur l’herbe anglaise parfaite. Entre les arbres. Le long des allées. Le vent dans mes oreilles, le soleil d’automne sur mon pelage, l’odeur de la terre et des feuilles mortes dans mes narines.
LE BONHEUR ABSOLU.
Il y avait d’autres chiens. BEAUCOUP d’autres chiens. Des grands, des petits, des moyens. Certains jouaient ensemble. D’autres couraient après des balles. D’autres encore marchaient sagement à côté de leurs humains.
Papa et Tonton Michael marchaient tranquillement. Ils discutaient, riaient, profitaient du moment.
Moi, j’explorais. Chaque buisson. Chaque arbre. Chaque odeur. C’était un terrain de jeu GÉANT.
On est arrivés près d’un lac. Des canards, des cygnes, des oies. Papa m’a appelé : « Voltaire, viens voir ! »
Je me suis approché. Les cygnes me regardaient avec leurs yeux noirs. Ils avaient l’air… méchants. Papa m’a retenu : « Ne t’approche pas trop. Les cygnes peuvent être agressifs. »
D’accord Papa. Pas de bataille avec les cygnes. Compris.
L’INCIDENT
Après avoir marché un moment, on s’est installés sur un banc près d’une grande pelouse. Papa et Tonton Michael discutaient tranquillement des jardins anglais. Moi, j’étais assis sagement entre eux deux, ma laisse attachée, profitant du soleil d’automne qui réchauffait mon pelage.
C’était paisible. Reposant. Les gens passaient tranquillement. Des joggers. Des familles. Des couples de retraités qui nourrissaient les écureuils.
À une vingtaine de mètres de nous, une dame élégante marchait le long de l’allée avec un caniche blanc. Le caniche, lui aussi en laisse, trottinait avec grâce. Tout était parfaitement calme.
Et puis…
Un Staffordshire Bull Terrier a surgi de nulle part.
Massif. Musculeux. Avec cette mâchoire carrée caractéristique. Son pelage était brun foncé, presque noir. Et surtout… il était SANS LAISSE.
J’ai senti Papa se raidir instantanément à côté de moi.
Le Staffie a foncé. Pas vers nous. Vers le caniche.
Pas en courant gentiment. En CHARGEANT. Oreilles plaquées en arrière. Corps tendu comme un arc. Grondement sourd et menaçant.
« OH MY GOD ! » a crié la dame au caniche, tirant désespérément sur la laisse de son chien pour le protéger.
Papa m’a IMMÉDIATEMENT attrapé, soulevé sur ses genoux, sa main fermement autour de moi. Je sentais son cœur battre vite contre ma poitrine.
Tonton Michael s’est levé d’un bond : « Oh no. Oh NO. »
Le Staffie a SAUTÉ sur le caniche.
C’était HORRIBLE.
La dame essayait de protéger son chien, tirait sur la laisse, criait. Le caniche hurlait de terreur – un son aigu, désespéré, qui me glaçait le sang. Le Staffie grondait, mordait, secouait.
Les deux chiens roulaient au sol dans une mêlée confuse et violente.
Papa me serrait fort contre lui. Sa main tremblait légèrement. « Stay calm Voltaire. Stay still. »
Je ne bougeais pas. Je ne pouvais PAS bouger. J’étais tétanisé par ce que je voyais.
Le propriétaire du Staffie – un homme en survêtement, téléphone à la main – a enfin levé les yeux et réalisé ce qui se passait.
« TYSON ! NO ! HEEL ! »
Mais le chien ne l’écoutait pas. Il était déchaîné.
Tonton Michael hurlait : « GET YOUR DOG ! NOW ! GET HIM OFF ! »
D’autres personnes sont accourues. Un jogger costaud a essayé d’attraper le Staffie. Une femme aidait la dame au caniche.
Il a fallu TROIS PERSONNES pour séparer les deux chiens.
Le propriétaire du Staffie a fini par saisir le collier de son chien, l’a tiré violemment en arrière. Le Staffie grondait encore, bavait, les yeux fous.
La dame au caniche pleurait. Elle s’est agenouillée près de son chien. Le pauvre caniche blanc avait l’oreille qui saignait. Des traces de morsures sur le cou. Il tremblait de tout son corps.
« I’m so sorry, » marmonnait le propriétaire du Staffie. « He’s never done that before, I swear… »
Papa était FURIEUX. Je sentais sa colère vibrer dans tout son corps. Mais il gardait sa voix calme, grave, dangereuse.
« You had a Staffordshire Bull Terrier. In a public park. Full of children and small dogs. OFF LEASH. While you were on your phone. »
« I… he’s usually friendly… »
« REGARDEZ CE QUE VOTRE CHIEN VIENT DE FAIRE. »
Tonton Michael, lui, tremblait de rage : « That poor poodle ! That lady ! You’re completely irresponsible ! You should be reported ! »
D’autres témoins s’étaient rassemblés. Certains prenaient des photos. Une femme notait les coordonnées du propriétaire du Staffie pour la dame au caniche.
Le propriétaire est parti précipitamment, tirant son Staffie qui grondait encore. Des regards de dégoût le suivaient.
Papa me tenait toujours fermement sur ses genoux. Il respirait profondément, essayant de se calmer.
La dame au caniche avait appelé un taxi pour aller d’urgence chez le vétérinaire. Son pauvre chien continuait de trembler, le museau teinté de sang.
Quand elle est partie, Tonton Michael s’est assis lourdement sur le banc, livide.
« Oh my God. That could have been Voltaire. »
Papa me serrait contre lui : « Mais ce n’était pas lui. PARCE QUE il était en laisse. PARCE QUE il était près de moi. PARCE QUE j’ai réagi immédiatement. »
Il m’a regardé dans les yeux, très sérieux : « Tu as vu Voltaire ? Tu as VU ce qui peut arriver quand un propriétaire est irresponsable ? »
Oui Papa. J’ai vu.
Si j’avais été à vingt mètres de vous. Si j’avais été détaché. Si j’avais couru librement vers ce Staffie sans le savoir…
Ça aurait pu être MOI qui hurlais. MOI qui saignais. MOI dans un taxi en route vers les urgences vétérinaires.
« C’est pour ça qu’en ville, tu restes TOUJOURS en laisse. TOUJOURS près de moi. Tu comprends maintenant ? »
Oui Papa. Je comprends.
Tonton Michael était encore sous le choc : « I can’t believe it. In Regent’s Park. A Royal Park. How is this allowed ? »
« Ça ne devrait pas l’être, » a répondu Papa amèrement. « Mais il y a toujours des propriétaires qui pensent que LEUR chien est différent. Que LEUR chien n’attaquera jamais. Jusqu’à ce qu’il le fasse. »
Je me suis blotti contre Papa. Mon cœur battait encore vite. Pas parce que j’avais été attaqué – je ne l’avais pas été. Mais parce que j’avais VU. J’avais compris. J’avais réalisé à quel point le monde pouvait être dangereux pour un petit Yorkshire de 3,4 kg.
Et j’avais aussi réalisé que Papa me protégeait. Toujours. Son premier réflexe avait été de me prendre. De me mettre en sécurité. Avant même de crier. Avant même de réfléchir.
Instinct de protection pure.
Tonton Michael me caressait doucement : « Poor little one. That must have been frightening to watch. »
Oui. C’était effrayant. Mais j’étais en sécurité dans les bras de Papa.
Le pauvre caniche, lui, ne l’était pas.
LE RETOUR À LA MAISON
On est rentrés immédiatement. Papa me portait. Il n’était pas question que je marche.
Dans le métro, je me cachais contre sa poitrine. Chaque fois qu’on croisait un chien, même petit, je me tendais, prêt à fuir.
Tonton Michael n’arrêtait pas de parler : « I can’t believe it. In Regent’s Park ! A Royal Park ! How can they allow dogs off leash like that ? It’s irresponsible ! It’s dangerous ! Poor Voltaire ! He must be so scared ! »
Papa acquiesçait silencieusement. Sa main ne quittait pas mon dos, me caressant en continu.
De retour chez Tonton Michael, Papa m’a installé sur le canapé avec un plaid. Il m’a donné de l’eau. Des friandises. A vérifié que je n’avais pas de blessures (évidemment pas, le Staffie ne m’avait pas touché).
« Il a juste eu très peur, » a dit Papa. « Ça va lui passer. »
Tonton Michael préparait du thé avec des gestes nerveux : « I should have suggested a different park. I should have known. There are always irresponsible owners. I should have protected him better. »
« Michael, ce n’est pas ta faute. C’est la faute de cet idiot qui laisse son Staffie en liberté. »
Je suis resté sur le canapé tout l’après-midi. Papa à côté de moi, me caressant, me parlant doucement.
Tonton Michael passait toutes les dix minutes : « Is he eating ? Is he drinking ? Should we take him to a vet ? What if he has PTSD ? »
« Michael, s’il te plaît. »
LE SOIR
Le soir, on a mangé tranquillement. Tonton Michael avait commandé indien – du chicken tikka masala. Papa m’a donné des morceaux de poulet nature.
Je commençais à aller mieux. Le choc s’estompait. Papa était là. Tonton Michael était là. J’étais en sécurité.
On s’est installés au salon. Papa et Tonton Michael buvaient du vin rouge. Moi, j’étais entre eux deux sur le canapé.
« Demain, on rentre, » a dit Papa. « Retour au royaume. »
Tonton Michael a soupiré : « I’m going to miss you both. This house will feel empty without Voltaire. »
« Tu viendras nous voir. En France. Au royaume. »
« Really ? You’d have me ? »
« Bien sûr. Tu es de la famille. »
Ils se sont regardés. Ces deux hommes qui s’aiment comme des frères depuis trente ans.
Tonton Michael m’a caressé : « I’m so sorry about today, Your Majesty. You deserved a better last day in London. »
Mais tu sais quoi Tonton Michael ? Malgré le Staffie. Malgré la peur. J’ai aimé Londres.
Ton jardin. Tes fish & chips. Tes inquiétudes constantes. Wisley avec Papa. Même Regent’s Park avant l’incident.
J’ai aimé cette aventure.
Et surtout, j’ai aimé te connaître.
Papa s’est penché vers moi : « Demain, on rentre chez nous. Dans ton royaume. Où tu es en sécurité. Où tu es roi. »
Oui Papa. Rentrons chez nous.
Londres, c’était beau. Mais rien ne vaut mon royaume.
Léchouilles tremblantes mais reconnaissantes,
Voltaire (10 mois, 3,4 kg qui ont survécu au Staffie de l’enfer)
Envie d'aller plus loin ?
Prolongez la visite au royaume
Le Courrier royal
Recevez les nouvelles de Voltaire et un guide illustré offert.
Je m'inscris →Un portrait personnalisé
Votre compagnon transformé en œuvre d'art, à partir de 39 €.
Je découvre →Le livre de sa vie
Un récit personnalisé et illustré de votre compagnon, à partir de 79 €.
Je découvre →