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2 novembre 2025

Fish & chips et découverte de Seven Sisters

Fish & chips et découverte de Seven Sisters

Mes chers copains,

Ce matin, je me suis réveillé dans un lit inconnu. Enfin, sur le lit de Papa, mais dans une CHAMBRE inconnue.

Il m’a fallu quelques secondes pour me souvenir : LONDRES. Je suis à Londres. Chez Tonton Michael.

LE RÉVEIL BRITISH

En bas, j’entendais des voix. Papa et Tonton Michael qui parlaient dans la cuisine. Et cette ODEUR… Ça sentait le bacon. Les œufs. Le pain grillé. Le café.

Je suis descendu les escaliers quatre à quatre. Dans la cuisine, Tonton Michael préparait un « full English breakfast » comme il disait fièrement.

« Good morning, Your Majesty ! Did you sleep well ? »

Sur le plan de travail : bacon croustillant, œufs au plat, champignons sautés, haricots blancs à la tomate, toasts beurrés, et même du black pudding (que Papa a refusé avec un frisson dégoûté).

« Michael, comment tu fais pour manger ça au petit-déjeuner ? »

« It’s tradition, darling ! The best way to start the day ! »

Moi, j’ai eu droit à mes croquettes réglementaires. Mais Tonton Michael, inquiet, a demandé : « Are you SURE he’s getting enough to eat ? He looks so thin ! »

Papa a souri : « Il est parfaitement dans ses standards de poids. 3,4 kg pour un Yorkshire mâle, c’est idéal. »

« But he’s so SMALL ! What if he faints from hunger ? Should I give him a bit of bacon ? »

« Michael, NON. Il a un régime strict. »

Tonton Michael m’a regardé avec des yeux de chien battu. Ou plutôt, j’avais des yeux de chien battu et il y était sensible.

Résultat : j’ai eu UN petit morceau de bacon. En cachette. Chut.

EXPLORATION DU QUARTIER

Après le petit-déjeuner, Papa a voulu explorer Seven Sisters. Tonton Michael nous a accompagnés.

« But are you SURE Voltaire won’t be cold ? Maybe he should wear a little coat ? »

Papa : « Il a son pelage. Ça va aller. »

« But it’s only 12 degrees outside ! That’s very cold for such a small creature ! »

Papa m’a quand même mis mon bandana tartan. Pour faire plaisir à Tonton Michael. Et aussi parce que ça fait classe dans un quartier londonien chic.

Les rues de Seven Sisters étaient… différentes. Pas comme mon royaume. Pas comme les villages du Lot-et-Garonne. C’était URBAIN. Dense. Vivant.

Des maisons victoriennes alignées, toutes identiques ou presque, en briques rouges avec des bow-windows, des petits jardins devant avec des grilles en fer forgé. Des arbres le long des trottoirs, dont les feuilles d’automne formaient un tapis orangé sous nos pattes.

Des GENS partout. Qui marchaient vite, avec cette allure pressée des Londoniens. Certains nous saluaient : « Morning ! » « Lovely dog ! »

Des VOITURES. Beaucoup de voitures. Et des BUS. Des énormes bus rouges à deux étages qui passaient en faisant VROOOOOM.

Papa me tenait en laisse. Évidemment. On est en VILLE. Je déteste la laisse, mais bon, je comprends la nécessité.

On est passés devant des petits commerces. Un corner shop pakistanais qui vendait de tout, un charity shop avec des vêtements d’occasion en vitrine, un pub avec des ardoises annonçant « Sunday Roast » (c’est quoi, un Sunday Roast ?), une boulangerie qui sentait le pain frais et les pâtisseries.

Tonton Michael s’arrêtait tous les dix mètres : « Voltaire looks tired, doesn’t he ? Should we go back ? Is he panting too much ? »

« Michael, il va BIEN. C’est un chien. Les chiens aiment se promener. »

« Yes but he’s not just ANY dog, he’s VOLTAIRE. He’s special. »

Papa levait les yeux au ciel, mais avec tendresse.

On est arrivés dans un petit parc de quartier. Dowsett Road Recreation Ground. Un carré de pelouse entouré d’arbres, avec une aire de jeux pour enfants et des bancs.

Papa m’a détaché : « Vas-y, cours un peu. »

J’ai couru. ENFIN. Après avoir été en laisse pendant vingt minutes, la liberté !

L’herbe anglaise était… parfaite. Dense, verte, impeccablement tondue. Ça sentait la pluie (il avait plu cette nuit), la terre, et cette odeur particulière des parcs urbains – un mélange de feuilles mortes et de gazon fraîchement coupé.

Tonton Michael me suivait à deux mètres, prêt à bondir si je me blessais : « Watch out for that stick ! Don’t go near that puddle, you’ll catch a cold ! »

Papa riait : « Michael, DÉTENDS-TOI. C’est un Yorkshire Terrier, pas une poupée de porcelaine. »

« But he’s so PRECIOUS ! »

LE JARDIN DE TONTON MICHAEL

L’après-midi, Papa et Tonton Michael ont passé du temps dans le jardin. Ils inspectaient chaque plante, discutaient de techniques de jardinage, comparaient leurs expériences.

« Look at this campanula, isn’t it magnificent ? »

Papa s’est approché. A regardé. A soupiré.

« Michael… ce n’est pas une campanule. »

« What ? But of course it is ! »

« Non. C’est un géranium vivace. Tu vois les feuilles découpées ? Les fleurs à cinq pétales ? C’est un Geranium ‘Rozanne’. »

« Are you absolutely sure ? »

« OUI. Michael, on a fait ça cent fois. Les campanules ont des fleurs en cloche. Les géraniums ont des fleurs plates. »

Tonton Michael a haussé les épaules : « Well, they’re both lovely purple flowers, so what’s the difference really ? »

Papa a fermé les yeux, respiré profondément. J’ai compris que c’était une vieille conversation qu’ils avaient depuis des années.

Moi, pendant ce temps, je chassais un rouge-gorge anglais. Il se moquait de moi depuis une branche basse, sautillant de droite à gauche. Je bondissais. Il s’envolait. Je rebondissais. Il revenait.

Le jeu parfait.

TCHOU TCHOU TCHOOOOUUUUU.

LE TRAIN.

Encore.

J’ai sursauté. Mais cette fois, j’étais préparé. Papa avait raison : on s’y habitue.

FISH & CHIPS (VERSION 2)

Le soir, Tonton Michael a proposé : « Tonight, we’re going to a PROPER fish and chips shop. Not delivery. The real experience. »

On a marché jusqu’à un petit restaurant au coin de la rue. « The Cod Father » (Papa a gloussé en lisant l’enseigne – c’est un jeu de mots sur « The Godfather » apparemment).

L’intérieur sentait la friture, le vinaigre, le poisson frais. Il y avait une queue de Londoniens qui attendaient leur commande. Papa m’a pris dans ses bras.

« One large cod and chips, and one portion of mushy peas, please, » a commandé Tonton Michael.

Mushy peas ? C’est quoi encore ce truc ?

Quand on est rentrés avec les cartons fumants, Tonton Michael a ouvert cérémonieusement les emballages : « VOILÀ. The best fish and chips in North London. »

Le poisson était ÉNORME. Doré, croustillant, fumant. Les frites étaient épaisses et moelleuses. Et les « mushy peas » étaient… des petits pois écrasés en purée verte.

Papa m’a donné des morceaux de poisson. Encore. Je commençais à m’habituer au fish & chips. C’était devenu MON plat préféré britannique.

Tonton Michael, bien sûr : « Not too much, he’ll get a stomach ache ! Is it properly cooked ? No bones ? He’s chewing properly, right ? »

Papa : « Michael, RESPIRE. »

Après le dîner, on s’est installés au salon. La télévision diffusait un match de football – Papa et Tonton Michael criaient des choses que je ne comprenais pas. Moi, je dormais sur le canapé, repu et heureux.

Londres commençait à me plaire. Sauf les trains au bout du jardin. Et la laisse obligatoire. Mais le reste, ça allait.

Léchouilles fish & chips,
Voltaire (10 mois, 3,4 kg qui découvrent la cuisine britannique)

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