20 octobre 2025
Réveil à l’Aube – la Plage Déserte
Holà ! mes adorables copains à moustaches et leurs humains qui dorment tard !
RÉVEIL À L’AUBE – LA PLAGE DÉSERTE
Ce matin, Papa m’a réveillé aux aurores. Encore. Bah oui, Papa se lève TOUJOURS tôt, même en vacances. Genre 6h du matin. Les vacances, ça veut pas dire grasse matinée pour tout le monde apparemment. Moi, petit roi Voltaire, j’aurais bien continué à rêver de lézards et de pommes Golden dans ce lit moelleux avec vue sur mer, mais Papa avait décidé qu’on allait à la PLAGE.
Bon, OK, j’avoue, j’étais curieux de revoir ce truc avec du sable et de l’eau qui bouge.
On est descendus de l’hôtel dans la pénombre du petit matin. Les rues de San Sebastián étaient quasi désertes, copains. Juste quelques éboueurs avec leurs gros camions bruyants, un ou deux joggeurs fous qui courent avant le lever du soleil (pourquoi ?!), et nous.
Quand on est arrivés sur la plage de la Concha, j’ai eu le souffle coupé. L’ambiance était TOTALEMENT différente d’hier ! Hier c’était le chaos : des gens partout, des cris, des rires, des ballons, des parasols multicolores… Là ? Le SILENCE. Juste le bruit des vagues qui venaient lécher le sable dans un rythme hypnotique : chhhhhhh… chhhhhhh… chhhhhhh…
Le ciel était rose et orange, comme si quelqu’un avait renversé de la peinture dessus. L’air sentait différent aussi : moins de crème solaire et de glaces, plus l’iode pur, le sel, les algues de la nuit, cette odeur marine puissante et sauvage qui prend toute la place dans ta truffe. Ça sentait aussi un peu le poisson, les coquillages échoués, et quelque chose de métallique que je savais pas identifier.
Le sable était frais sous mes coussinets, encore humide de la marée nocturne. Papa m’a détaché (YES !) et j’ai couru comme un fou le long de l’eau. Mes pattes laissaient des petites traces parfaites dans le sable lisse. J’étais le PREMIER chien de la journée sur cette plage ! Roi de la Concha !
Et puis, mes amis, j’ai trouvé un TRÉSOR : un OS DE SEICHE ! Vous savez, ces trucs blancs, légers, un peu poreux, qui craquent sous la dent ? Je l’ai reniflé longuement. Ça sentait la mer concentrée, le minéral, le mystère des profondeurs. J’ai commencé à le mâchouiller avec délice. Crac, crac, crac. Papa a ri : « Voltaire, tu découvres les cadeaux de l’océan ! »
Bah oui, Papa. L’océan, il laisse des trucs sympas sur sa plage, contrairement à mon royaume où c’est moi qui dois chasser mes lézards. Ici, les cadeaux viennent tout seuls avec la marée !
On est restés là un long moment, Papa et moi, à regarder le soleil se lever complètement au-dessus de l’eau. C’était paisible. Tellement paisible que j’ai pensé à mon royaume, à mes matins tranquilles dans la rosée, à Peps qui devait se réveiller sans moi… Un petit pincement au cœur, vous savez ? Mais je l’ai chassé vite fait. On était en aventure !
RETOUR À L’HÔTEL – PETIT-DÉJEUNER DE ROI
De retour à l’hôtel, Papa a pris son petit-déjeuner à lui (des trucs d’humains bizarres), et moi j’ai eu droit à mes 25 grammes réglementaires. Toujours aussi ridicule, cette quantité. Mais bon, en vacances Papa est plus généreux : il m’a glissé un petit bout de jambon sous la table. Hihi, complice mon Papa !
LA VIEILLE VILLE – CHOC VESTIMENTAIRE INATTENDU
Vers 10h, on est partis explorer la vieille ville. Les ruelles étroites, pavées, avec des balcons en fer forgé et des façades colorées. Ça sentait le pain frais qui sortait des boulangeries, le café torréfié, et toujours cette odeur de mer qui planait partout.
Il y avait de plus en plus de monde. Des touristes avec leurs appareils photos, des locaux qui faisaient leurs courses, des serveurs qui préparaient les terrasses… Et toujours, TOUJOURS des Bichons Maltais et des Chihuahuas en laisse. J’avais l’impression d’être dans une convention canine où personne n’avait invité les Yorkshires. Franchement, c’était vexant.
Et puis, BOUM. Papa s’est arrêté net. Genre, figé comme une statue.
« Voltaire, regarde-moi ça… »
J’ai levé ma truffe et j’ai vu un truc DINGUE : un MARIAGE ! Mais pas n’importe quel mariage, copains. Un mariage de OUF. Les gens sortaient d’une église avec des tenues… comment dire… SUBLIMES. Papa était estomaqué, il répétait « incroyable, incroyable » en sortant son appareil photo.
Les ladies (comme dit Papa pour les dames chics) portaient des robes longues qui bruissaient quand elles marchaient, avec des tissus brillants, des dentelles, des perles. Mais surtout, SURTOUT, elles avaient des CHAPEAUX ! Des chapeaux dignes du Gilded Age, selon Papa (j’ai pas compris ce que ça voulait dire mais apparemment c’est très chic). Vous savez, ces trucs immenses avec des plumes, des fleurs, des voiles, des machins qui dépassent de partout. Certains chapeaux étaient plus grands que moi !
Et moi, petit Voltaire avec mon sens pratique de Yorkshire, qu’est-ce que j’ai vu ? Des FOULARDS ! Des foulards en soie qui pendaient, des écharpes légères qui volaient au vent, des étoles posées négligemment sur des épaules… Toutes ces BÊTISES À FAIRE ! Mon instinct de voleur s’est réveillé instantanément. Je pourrais tirer sur ce foulard rose, le traîner, le mâchouiller, en faire un nouveau bandana…
Mais NON. J’étais EN LAISSE.
Papa me tenait fermement pendant qu’il mitraillait la scène avec son appareil. Moi je tirais, je grognais doucement (pas fort, je suis poli quand même), j’essayais de me rapprocher de ces tissus tentants qui flottaient partout. Une dame en bleu ciel est passée tout près, son écharpe en mousseline a frôlé ma truffe. J’ai failli pleurer de frustration.
« Voltaire, non. On ne vole pas les accessoires des invités de mariage. »
Mais Papa ! C’est trop injuste ! Toutes ces merveilles à portée de crocs et je peux RIEN faire ! Les mariés sont passés, tout beaux, tout contents, entourés de leurs amis élégants. Tout le monde prenait des photos, jetait du riz (bizarre ce truc), applaudissait.
Moi je boudais, tiré en arrière par ma laisse de la honte. Un Bichon Maltais qui passait m’a regardé avec un air supérieur, comme s’il se moquait de moi. Grrr.
PINTXOS – LE PARADIS CULINAIRE
Après ce spectacle frustrant, Papa m’a emmené dans un bar à pintxos. Les pintxos, copains, c’est ces petites bouchées que les Basques espagnols font avec une créativité de MALADE. C’est comme de l’art, mais pour manger.
Le comptoir du bar était COUVERT de ces petites merveilles. J’ai jamais vu autant de couleurs, de formes, de trucs empilés les uns sur les autres ! Des toasts avec des choses dessus, des brochettes, des verrines, des mini-assiettes… Ça sentait DIVINEMENT bon : l’ail, l’huile d’olive, le poivron grillé, la morue, le chorizo, les anchois, les crevettes…
Papa regardait tout ça avec des yeux brillants. Il a commencé à commander : « Uno de este, uno de este, y este también… » (il parlait espagnol, trop classe mon Papa !).
Les pintxos arrivaient sur le comptoir. C’était un RÉGAL POUR LES YEUX avant d’être un régal pour le ventre. Des couches de couleurs : le rouge de la tomate, le vert du poivron, le blanc du fromage de chèvre, le rose du saumon, le noir de l’olive, le doré du pain grillé… Une créativité visuelle de fou ! Chaque pintxo était une petite œuvre d’art qui disait « mange-moi si tu l’oses ».
Et puis Papa a fait le truc le plus généreux de tous les temps : il a commandé un pintxo POUR MOI. Pour moi, Voltaire, petit roi en vacances !
C’était un toast avec de l’ŒUF (mon amour) et du JAMÓN IBÉRICO (le jambon espagnol, celui qui vient des cochons qui mangent des glands et qui coûte une fortune). Le jambon était tranché tellement fin qu’on voyait presque à travers, avec un goût intense, salé, fondant… L’œuf était parfait, ni trop cuit ni pas assez, avec un jaune crémeux…
MIAM. MIAM. MIAM.
J’ai englouti ça en trois bouchées. Le goût explosait dans ma bouche : le salé du jambon, le doux de l’œuf, le croquant du toast… J’en bavais littéralement. Papa riait : « Alors Voltaire, tu aimes la gastronomie basque ? »
Bah OUI Papa ! C’est TROP BON !
Et puis, parce qu’il est le meilleur Papa du monde, il a sorti de sa poche (il a TOUJOURS des trucs dans sa poche) quelques croquettes pour équilibrer mon repas. Parce que « il faut pas que tu manges que du jambon, Voltaire, ton petit ventre va souffrir ».
OK Papa, je veux bien quelques croquettes si ça vient avec du jamón ibérico. Deal accepté.
BALADE DIGESTIVE – TOUJOURS CES BICHONS !
Après ce festin, on a continué à explorer la vieille ville. Ventre plein, pattes légères, j’étais heureux. Les ruelles montaient et descendaient, on passait devant des églises, des petites places avec des fontaines, des boutiques de souvenirs…
Et bien sûr, on croisait toujours des chiens. Devine lesquels ? BICHONS et CHIHUAHUAS. Encore et encore. J’ai croisé un Chihuahua dans un sac Louis Vuitton (je reconnais, Mamie en a un faux), un Bichon avec un nœud rose sur la tête (ridicule), deux Caniches toys qui aboyaient comme des hystériques…
Mais toujours pas de Yorkshires, à part ce vieux monsieur croisé hier qui m’avait même pas regardé.
J’ai commencé à me sentir un peu seul, vous savez ? Comme un étranger dans une ville qui préfère d’autres races que la mienne. Ça fait bizarre de réaliser qu’on est pas universellement adorés partout dans le monde. Dans mon royaume, je suis LE roi. Ici, j’étais juste un petit Yorkshire parmi des dizaines de Bichons qui prenaient toute la place.
Papa a dû sentir ma mélancolie parce qu’il m’a porté un moment dans ses bras, en me gratouillant derrière les oreilles. « T’es unique, Voltaire. Peu importe ce que pensent les Espagnols. »
Merci Papa. Ça fait du bien d’entendre ça.
RETOUR SUR LA PLAGE DE LA CONCHA – LE TRANSAT DE SA MAJESTÉ
En fin d’après-midi, on est retournés sur la grande plage. Mais cette fois-ci, mes amis, c’était TOTALEMENT différent du matin paisible. Une FOULE de gens ! Des parasols partout, des serviettes colorées, des enfants qui criaient, des ballons qui volaient, de la musique qui sortait de petites enceintes, des vendeurs ambulants qui passaient avec leurs glacières…
Papa a loué un transat (un de ces lits de plage avec le tissu rayé), et il m’a gardé EN LAISSE. Bah oui, forcément. Avec tout ce monde, c’était trop dangereux de me lâcher. J’aurais pu me perdre, me faire marcher dessus par un géant en tongs, ou pire : me faire piquer ma place par un Bichon opportuniste.
Au début, j’ai un peu boudé. Moi qui rêvais de courir sur le sable, de chasser les mouettes, de creuser des trous… Mais Papa m’a installé SUR le transat, à côté de lui, et là j’ai compris : c’était pas si mal finalement !
Le transat était CONFORTABLE. Le tissu était doux sous mes coussinets, légèrement chaud du soleil mais pas brûlant. Je me suis allongé contre Papa, ma tête posée sur sa cuisse, et j’ai soupiré de bien-être. De là-haut (enfin, du haut du transat), j’avais une vue ROYALE sur toute la plage. Je pouvais observer les humains sans être dérangé.
Et surtout, copains, j’évitais le SABLE QUI VOLE ! Vous savez pas la chance que j’ai eue ? Parce que le vent s’est levé pendant qu’on était là, et le sable a commencé à voler partout. Des mini-tornades de grains qui piquaient la peau des gens. J’ai vu des enfants se frotter les yeux en pleurant, des adultes protéger leur visage avec leurs serviettes, des chiens qui éternuaient et secouaient la tête…
Moi ? Peinard sur mon transat, protégé par Papa qui servait de bouclier humain contre le vent de sable. De temps en temps, quelques grains arrivaient jusqu’à ma truffe et ça me chatouillait, mais rien de dramatique. J’ai fermé les yeux à moitié, profitant du soleil tiède sur ma fourrure dorée.
Papa lisait un livre d’une main et me caressait de l’autre. Le bruit des vagues continuait en fond sonore, mélangé aux rires, aux cris, aux conversations en espagnol. L’odeur de la crème solaire se mélangeait à celle de l’iode. C’était… relaxant ? Oui, relaxant.
J’ai observé les gens : des familles qui construisaient des châteaux de sable (ils s’écroulaient à cause du vent, hihi), des couples qui se prenaient en selfie avec la mer derrière, des jeunes qui jouaient au beach-volley en transpirant comme des fous, des mamies qui marchaient dans l’eau en relevant leur jupe…
Et bien sûr, j’ai vu passer des chiens. Devinez lesquels ? Allez, vous connaissez la chanson maintenant : BICHONS et CHIHUAHUAS ! Un Chihuahua est même passé avec un petit gilet de sauvetage orange (sérieusement ?!), et un Bichon portait des lunettes de soleil pour chiens (mode ou nécessité, je sais pas).
Mais moi, petit Voltaire sur mon transat royal, j’avais pas besoin d’accessoires ridicules. J’avais juste besoin de Papa, du confort du transat, et de la protection contre le sable volant.
Au bout d’un moment, j’ai fermé complètement les yeux. Le bercement des vagues, la chaleur du soleil, la main de Papa sur mon dos… Je me suis assoupi doucement, dans une espèce de demi-sommeil où on entend encore tout mais où on est complètement détendu.
Et dans ce demi-rêve, j’ai pensé à mon royaume. À mes siestes dans l’herbe fraîche sous l’arbre à écureuil. Au silence de la campagne. À l’espace immense où je peux courir sans laisse pendant des heures. À Peps qui fait la sieste à côté de moi après nos jeux du matin.
Le transat était confortable, c’est vrai. Mais mon coin d’herbe dans le royaume, c’était QUAND MÊME mieux. Plus de place, plus de liberté, plus de nature, et surtout : CHEZ MOI.
DEUXIÈME SOIRÉE À L’HÔTEL – NOSTALGIE MONTANTE
De retour à l’hôtel en fin de journée, fatigué mais content (et sans un grain de sable dans les yeux, victoire !), je me suis installé sur le lit pendant que Papa prenait sa douche. J’ai regardé par la fenêtre : la mer, le ciel qui devenait rose et violet, les lumières de la ville qui s’allumaient une par une…
C’était beau. Vraiment beau.
Mais je pensais à mon royaume. À l’odeur de l’herbe fraîche le soir, au chant des grillons, au silence de la campagne. Aux 5 hectares où je peux courir SANS laisse pendant des heures. À mes lézards qui m’attendent (enfin, qui se cachent de moi, mais quand même). À mon arbre à écureuil. À la zone gibier avec les lièvres. Aux gîtes et leurs odeurs familières.
Je pensais à Mamie qui me donne des miettes de biscotte en cachette. À Romy du château qui vient jouer avec moi. Aux Anglaises du café de Lauzun qui me donnent des gâteaux. À Catherine qui apporte des pommes.
Papa est sorti de la douche et m’a rejoint sur le lit. Il m’a caressé longtemps, sans rien dire. Je crois qu’il comprenait.
« Demain on rentre à la maison, Voltaire. »
Mon cœur a fait un petit bond. Demain ? Déjà ? Enfin ?
J’avais des sentiments mélangés, copains. J’étais content d’avoir découvert San Sebastián, la mer, les pintxos, l’os de seiche, le mariage fancy, le confort du transat… Mais j’étais aussi TRÈS content de savoir qu’on allait rentrer.
Parce que les aventures, c’est génial. Mais « chez soi », c’est encore mieux.
San Sebastián, c’est beau, c’est grand, c’est impressionnant. Les pintxos sont divins, la mer est fascinante, l’os de seiche était un cadeau parfait, et le transat était hyper confortable (merci Papa d’avoir évité le sable dans mes yeux). Mais vous savez quoi, mes amis ? Après deux jours loin de mon royaume, je réalise que « ailleurs » c’est bien pour découvrir, mais « chez soi » c’est là où ton cœur est vraiment heureux.
Les Bichons et les Chihuahuas peuvent garder San Sebastián avec leur mode ridicule. Moi, Voltaire, Yorkshire royal et fier de l’être, j’ai hâte de retrouver mon royaume, mes copains, mes habitudes, ma liberté sans laisse, et mes POMMES GOLDEN.
Leçon du jour : L’aventure ouvre les yeux et le cœur, mais c’est en quittant son royaume qu’on réalise à quel point on l’aime. Et aussi : le jamón ibérico, c’est la VIE. Et un bon transat, ça évite le sable dans les yeux, ce qui est très appréciable pour un petit Yorkshire aux yeux sensibles.
Sur ce, mes chers copains à moustaches, je vais dormir en rêvant de lézards et de pommes. Demain, c’est le grand retour !
Léchouilles nostalgiques mais heureuses, Le petit Roi Voltaire (qui a hâte de rentrer)
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